Pour votre réflexion sur le financement public des arts
Dans un contexte de compressions à l’échelle de tous les Ministères canadiens, de l’ordre de 4 milliards de dollars par année, en vue d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2015-2016, nous savons déjà que le Conseil des Arts du Canada (CAC) devra effectuer des coupes qui pourront varier entre 5% et 10%. Il faut attendre la présentation du budget 2012-2013 du gouvernement fédéral vraisemblablement en mars prochain pour voir comment le CAC résoudra l’équation de ces compressions. Voici quelques statistiques tirées des Profils provinciaux et territoriaux qui accompagnent le Rapport annuel du CAC 2010-2011 qui permettent de prendre la mesure des impacts que pourraient avoir ces coupes pour l’ensemble des artistes et des organismes soutenus par le CAC. Ces données font état des subventions octroyées aux artistes et organismes artistiques à l’échelle nationale, provinciale et territoriale pour l’année 2010-2011.
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Aperçu à l’échelle nationale et provinciale
Dans le Profil national, il est établi que 142 324 085 $1 sont versés annuellement en subventions par le CAC aux provinces et territoires canadiens. 31,58% de ces subventions sont versées au Québec (44 601 290 $) alors que son poids démographique est de 23,18% et qu’il compte 21,54% des artistes canadiens sur son territoire. Le tableau 1 présente la répartition des subventions versées par le CAC, de la population et du nombre d’artistes, par province ou territoire.

Au Québec, des 44 601 290 $ versés par le CAC en subventions, 7 millions de dollars sont partagés entre 672 artistes et 37,6 millions de dollars sont répartis entre 696 organismes artistiques.
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Fonds alloués à la danse
Les subventions allouées à la danse par le CAC totalisent 18 625 326 $ annuellement. Plus du tiers de ces fonds (36,97%) sont affectés à la danse québécoise (6 843 397 $), suivi de très près par l’Ontario avec 35,72% des fonds (6 619 642 $)
Des 6 843 397 $ versés à la danse au Québec, 384 683 $ sont versés à des artistes (5,62%) et 6 458 714 $ sont versés à des organismes (94,38%).

Le Tableau 2 illustre la répartition du financement par province : 86,68% du financement à la danse au Canada est concentré dans trois provinces, soit au Québec (36,93%), en Ontario (35,72%) et en Colombie Britannique (14,03%). L’Alberta et le Manitoba se partagent 11,51% des fonds; les 8 autres provinces et territoires accaparent donc 1,81% du budget alloué à la danse.
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Répartition de l’aide du CAC par villes et par collectivités
Des fonds versés au Québec, 84,7% se concentrent à Montréal (73,8%, incluant les 2,2% versés à Outremont), et à Québec (10,9%). Les 15,3% de fonds restants sont partagés par 149 collectivités sur le territoire (Tableau 4).
Les trois villes les plus soutenues au Canada sont, en ordre d’importance, Montréal, Toronto et Vancouver. À elles seules, ces trois villes accaparent environ 70% des fonds totaux versés par le CAC au Québec, en Ontario et en Colombie Britannique (Tableau 4). Le financement de Montréal (32 000 000 $) équivaut à celui de Toronto (31 800 000 $) mais correspond à plus du double de celui de Vancouver (14 100 000$).

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Projections
À la lumière de ces statistiques et en nous prêtant à l’exercice des compressions annoncées pour 2012-2013 (entre 5% et 10%), les subventions du CAC versées aux artistes et organismes artistiques québécois pourraient être amputées de 2 300 000 $ à 4 600 000 $ annuellement. À Montréal seulement, ces coupes représenteraient de 1 600 000 $ à 3 200 000 $ de moins pour les artistes et organismes artistiques. Si l’on applique le même raisonnement à la discipline de la danse, les coupes pourraient représenter des pertes variant de 931 266 $ à 1 862 533 $ à l’échelle du Canada et de 342 170 $ à 684 340 $ à l’échelle du Québec.
À ces effet de compressions sur les artistes et organismes artistiques s’ajoutent des tendances d’investissements du gouvernement fédéral dans les arts et la culture qui pourraient modifier de façon plus ou moins significative l’attribution des fonds (valeurs, programmes, critères, pondération, etc.). Quant aux trois thèmes qui s’ajoutent aux cinq orientations du Conseil dans son Plan d’entreprise du 2011-2016 : la synergie, la transition vers une société numérique, et les échanges de vues avec le public : entraîneront-ils de nouvelles règles de répartition des fonds alors disponibles?
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Parmi d’autres statistiques intéressantes
Provenance des demandes de subvention
La répartition des demandes de subvention soumises au CAC en 2010-2011, par province ou territoire (Tableau 4), démontre que près de 5000 demandes d’appui proviennent du Québec, ce qui correspond au tiers de l’ensemble des demandes soumises annuellement et au plus fort taux de demandes dans tout le pays. L’Ontario suit de près, avec 32,48% des demandes de subventions, même si la province compte presque deux fois plus d’habitants et d’artistes qu’au Québec.

Dépenses des particuliers
Au chapitre des dépenses des particuliers, les données indiquent que les Québécois en général, et les Montréalais en particulier, dépensent peu en biens et services culturels. Selon des données de 2008 :
- les québécois ont dépensé 5,4 milliards de dollars pour des biens et services culturels, soit 716 $ par personne;
- les dépenses pour des biens et services culturels correspondent à 2,7% du total des dépenses de consommation des québécois;
- le Québec est au dernier rang de toutes les provinces canadiennes en matière de dépenses des citoyens pour des biens et services culturels.
Les données indiquent également que le rapport entre les dépenses des consommateurs et celles du gouvernement est le plus faible de toutes les provinces : les citoyens québécois ont dépensé, en 2008, 5,4 milliards de dollars pour la culture alors que les trois paliers de gouvernement ont consacré à la culture au Québec, en 2007-2008, 2,8 milliards de dollars, soit près du double.
Toujours selon les données de 2008, Montréal se classe au dernier rang des régions métropolitaines canadiennes. Les Montréalais dépensent annuellement 722$ pour la culture, pour un total de 2,6 milliards de dollars : c’est donc que les Montréalais assument la plus grande part des dépenses des Québécois pour les biens et services culturels.
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Dans un contexte d’appauvrissement général, et devant les coupes qui s’annoncent dans les arts et la culture, qui du citoyen, de l’artiste, du travailleur culturel, de la municipalité ou de la province en assumera les frais ou en subira les contre-coups?
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