Valorisation de la discipline | Le 2 novembre 2017

Ateliers du RDV annuel: Comment communiquer notre passion pour la danse

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Ateliers du RDV annuel des membres du RQD 2017 © Andréa de Keijzer

À trop avoir le nez collé sur la vitrine, on finit parfois par ne plus savoir comment mettre en valeur les richesses qu’on voudrait partager avec le plus de monde possible. Il peut même arriver qu’on établisse des stratégies de communications ou de promotion de la danse qui ne prêchent finalement que les convaincus. C’est pour sortir de ces ornières que le RQD a demandé à Hanneke Ronken, consultante spécialisée en innovation sociale et culturelle, de concevoir et d’animer les ateliers du RDV annuel des membres 2017. Échos d’une plongée aux sources de notre passion pour la danse.

Les déclencheurs
Au commencement, il y a le plaisir. Dénominateur commun des situations qui ouvrent les portes de la danse, ingrédient magique de toute potion destinée aux néophytes. Plaisir que l’on tire en premier lieu du goût de la découverte, du sentiment de liberté éprouvé dans la pratique de la danse, de la qualité des liens tissés dans les activités de transmission, qu’elles soient scolaires ou familiales.

D’une perception à l’autre
Comment, alors, partager ces joies avec celui ou celle qui nourrit des a priori négatifs sur la danse? Trois grandes pistes se dégagent des brassages d’idées entre la cinquantaine de participants aux ateliers. 1. La nécessité d’offrir des expériences guidées par les sensations et par les émotions pour descendre de la tête au corps et en valoriser la poésie, l’intelligence et la capacité à créer du sens en passant par le sensible. 2. La nécessité de faciliter l’accès à la danse en multipliant les espaces pour la pratiquer et la voir et ainsi mieux l’inscrire dans le quotidien de chacun. 3. La nécessité de la démystifier en valorisant la diversité des expériences qu’elle peut offrir et en reconnaissant la valeur des perceptions et des points de vue des spectateurs. Faciliter une forme d’empowerment du public.

Se mettre à la place de l’autre
L’idée d’une plus grande ouverture à la diversité des publics – et donc, des motivations à considérer et des approches à adopter – est revenue souvent au cours de la journée. L’objectif étant d’aller chercher différentes strates de la population en s’appuyant sur des éléments faisant déjà partie intégrante de leur vie. Subversive, émouvante, dynamisante, engagée, contemplative, transcendante, transformatrice, stimulante… La danse recèle de nombreux potentiels. Reste à trouver lesquels faire résonner auprès de quels publics.

Autres conditions gagnantes
Créer du lien s’impose comme la condition gagnante par excellence pour partager sa passion, passer du personnel au collectif, favoriser l’identification ou nourrir le sentiment d’appartenance. L’association à une cause, à des valeurs, le storytelling et la valorisation du pouvoir inclusif de la danse apparaissent comme des vecteurs très puissants pour ce faire. La vulgarisation et l’éducation permanente, du préscolaire à l’université, sont bien évidemment identifiées comme des facteurs de réussite.

Du bon usage de nos richesses
À échanger entre professionnels de différents secteurs de la danse, on valide des intuitions, on se rend compte qu’on partage souvent les mêmes points de vue, que bien des approches gagnantes existent déjà et qu’il serait utile de les recenser pour pouvoir mieux les partager. Voilà donc un nouveau mandat pour le RQD. On prend conscience aussi que l’ouverture à l’Autre est devenue incontournable. Une notion qui n’imprégnait pas les discours par le passé, affirme une participante. Cette ouverture nécessaire à ce qui caractérise et anime les publics – on suggère d’inviter des personnes tests à rejoindre les professionnels de la danse dans ce type d’ateliers que l’on souhaite plus réguliers –, doit aussi s’opérer auprès d’autres disciplines artistiques, d’autres milieux comme celui de l’action sociale, pour établir plus de partenariats, proposer des offres combinées.

Des idées à creuser
Dans le choix de projets désirables, faisables et viables, on propose des combos théâtre/in situ/résidences citoyennes engageant professionnels et amateurs, et de rassembler sur une même plateforme des outils pour faciliter le travail des enseignants de la danse dans le secteur de l’éducation. On orchestre une Opération Infiltration par la création de plus nombreux ponts entre la danse et d’autres disciplines artistiques, on pousse l’idée de décloisonnement jusqu’à suggérer la création d’un Regroupement québécois des arts vivants et on prône un éclatement total des codes de représentation et de l’expérience de la danse. Pour aller chercher plus d’argent, on veut allier réseautage, breuvage et message en organisant un Café des mécènes et on multiplie les idées pour rallier nos élus à la cause de la danse.

En conclusion
Pour gagner cette cause, il nous faut saisir toutes les occasions de nous faire les portes-voix de cette passion qui brûle et ce, en évitant les sirènes du dogme, des clichés, des étiquettes, de la complaisance et du repli sur soi. Et que l’on mette à profit ou non les avantages des technologies numériques et des communications virtuelles, le secret est de rester branché sur l’humain et sur ce qui le relie, par nature, à la danse.

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