2020-10-02
 
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Catherine Dumais

Interprète, Chercheur

Avant de commencer la danse contemporaine à l’âge de 18 ans, Catherine a pratiqué plusieurs sports qui lui ont permis de développer un grand potentiel physique puis une bonne compréhension du mouvement. Elle se démarquait particulièrement en gymnastique, en natation, en ski et en Handball à des niveaux avancés.

Pendant quelques années, elle prenait des classes techniques de perfectionnement à l’ADMMI. En parallèle, elle obtenait deux années d’études universitaires en enseignement des arts visuels et médiatiques à l’UQAM. En 2015, elle allait étudier en interprétation de la danse contemporaine à l’Uqam.

Depuis sa sortie de l’école en 2018, Catherine s’intéresse au monde du cirque. Elle s’entraine en contorsion avec Annick Taillon, Jinny Jessica Jacinto, Andréane Leclerc et Amy Goh. Elle s’entraine en Ropedart avec son principal mentor Francis Dubé, puis en poï, staff et hoola hoop avec d’autres artistes de feu dans le monde du flow art.

En solo, elle utilise son backround pour développer une danse singulière, humoristique et absurde, basée sur l’étrangeté du corps et des perceptions. Elle est inspirée par la quête du clown qui, selon elle, est un travail d’humilité, d’honnêteté et de complicité avec le public et le monde qui l’entoure. Elle se nourrit de philosophie, de méditation, d’agriculture et des compositions musicales intuitives qu’elle développe avec ses amis Mark Durand et Elouann Doucet

Sur scène, son style athlétique et hétéroclite allie fougue et sensualité. Son regard et sa présence dégagent force, douceur, authenticité. Elle a déjà eu la chance de travailler pour Danièle Desnoyers (Danses de société), Mélanie Demers (Quelque chose de sauvage) et Alice Blanchet-Gavouyère (À temps perdu). Elle a aussi co-réalisée avec son ami Mark Durand une création intitulée Vertige en Fa Bémol (décembre 2018). Elle l’aide aussi dans son rôle de cinéaste en tant qu’oeil extérieur aux montages d’images, pour les films documentaires qu’il crée sur la danse et la Gaspésie (La Maison Verte). En juin 2019, elle performait à Tadoussac dans un festival pour Marée Haute, une réalisation d’Alexia Quintin. Elle a aussi collaboré avec Claire Vionnet autour d’une recherche-création postdoctorale sur la question de l’intimité du corps dansant.

D’un autre côté, ses collaborations avec différents photographes lui permettent de réfléchir son corps dans divers contextes, puis de trouver son style propre en tant que modèle et performeuse.

Bien qu’elle soit holistique/humaniste dans l’âme, en appréciant les démarches dans lesquelles le mouvement naît de la sensation et dans lesquelles on sent la complexe vulnérabilité de l’être, elle se questionne néanmoins sur la psychologie transhumaniste. D’une part, elle ressent l’inquiétude face aux enjeux environnementaux, puis cherche à proposer une vision où l’on pourrait se reconnecter à la nature avec respect et conscience. D’autre part, elle voit que la technologie peut créer un homme augmenté et qu’elle le pourra de plus en plus; on passe doucement d’une technologie de réparation à une technologie d’augmentation. Jusqu’où allons-nous nous rendre dans la “sublimation de l’être” afin de corriger, transcender les limites du corps humain? Le narcissisme contemporain, qui semble nous éloigner du monde réel, magnifie-t-il ou déteste-t-il les corps?