2019-11-12
 
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Tribune 840: la rencontre en danse: convivance/ coprésence, confrontation?

14h00 à 18h00

Département de danse de l'UQAM, Montréal

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Le Département de danse de l’UQAM et Tribune 840 présentent:

La rencontre en danse: convivance/ coprésence/ confrontation?

Invités : Julie Beaulieu[1], Sophie Levasseur[2], Astrid Tirel[3] et Anatoli Vlassov[4]

Comment la danse favorise-t-elle la rencontre, l’ouverture à l’autre ? Comment valorise-t-elle le dialogue, l’échange, l’écoute, la compréhension mutuelle, le « vivre ensemble », la convivance ?

Certains créateurs font de l’interaction et de la participation le cœur de leur propos artistique. En ce sens, les œuvres dites « de l’esthétique relationnelle » cherchent à créer une ouverture, un dialogue, à produire « des espaces-temps » où les « expériences interhumaines […] s’essaient à se libérer des contraintes » ; « des lieux où s’élaborent des socialités alternatives, des modèles critiques, des moments de convivialité ». Ces œuvres génèrent « un interstice social à l’intérieur [duquel] ces expériences, ces nouvelles “possibilités de vie”, s’avèrent possibles » (Bourriaud, 2001, p. 47). Dans la démarche de certains chorégraphes, la rencontre est abordée sous la forme d’une communion, d’une coprésence ou d’une liaison sensible, tandis que plusieurs artistes explorent le thème du dialogue intergénérationnel, puis d’autres approfondissent un dialogue interculturel, terme qui peut évoquer « la rencontre de cultures ainsi que le rapport d’altérité » (Boivin, 2015, p. 128).

On peut se demander, surtout à une période où l’art est souvent caractérisé par des transferts culturels et du métissage (Tembeck, 2001), à une ère où nos identités sont hybrides, plurielles et mouvantes, comment les artistes inventent-ils « de nouveaux modes de liaison, plus fluides, pour que l’étrangeté […] puisse faire son travail en nous » (Corin, 2001, p. 70) ? Comment la danse permet-elle de se sensibiliser à différentes manières d’être, de penser et d’entrer en relation ? Quelles formes prennent les rencontres artistiques dans le monde actuel ? À quelles conditions s’établit le dialogue ? Quels sont les effets de la rencontre et du dialogue sur les participants ? La rencontre engage-t-elle parfois des conflits, de la confrontation ? Est-il possible d’éviter l’ethnocentrisme ; de ne pas « penser l’autre selon soi » (Mvilongo, 2001, p. 393) ? Dans quelle mesure peut-on opérer son propre décentrement ? Enjeux identitaires, somatiques, artistiques, culturels et politiques sont indissociablement mêlés dans toutes ces questions.
Josiane Fortin

PROGRAMME
14 h à 15 h 30
Trilogue avec Julie Beaulieu, Astrid Tirel et Anatoli Vlassov
15 h 30 à 16 h 30
Mémoire-création RIEN CONTRE C.Q.F.D de Sophie Levasseur
16 h 30 à 18 h
Cercle de parole

Références
Boivin, J. (2015). Compte rendu de L’interculturel au Québec : rencontres historiques et enjeux politiques, sous la direction de Lomomba Emongo et Bob W. White. Alterstice, 5(2), 123-129.
Bourriaud, N. (2001). Esthétique relationnelle. France : Les presses du réel.
Corin, E. (2001). L’étranger en résonance. Dans C. Pontbriand (dir.), Danse : langage propre et métissage culturel (p. 63-72). Montréal : Parachute.

[1] MA danse UQAM, doctorante en Études et pratiques des arts UQAM, danseuse de Bharatanatyam et de danse contemporaine
[2] BA danse UQAM, étudiante Maitrise en danse UQAM, artiste en danse et performance
[3] Ph.D. en sociologie, chargée de cours à l’UQAM, chercheure en théâtre autochtone contemporain d’Amérique du Nord
[4] Danseur, chorégraphe, vidéaste et chercheur, doctorant Université Paris 1 Panthéon Sorbonne

 

Vendredi 29 novembre 2019 – 14 h – 18 h