Roseline Dorcin
Chorégraphe, Interprète
Artiste basée à Montréal, La Roseline développe une pratique chorégraphique qui explore les rencontres entre le flamenco et les danses non occidentales. En 2022–2023, elle est artiste en résidence à Montréal Arts Interculturels (MAI), où elle crée et co-chorégraphie un duo présenté dans le spectacle QUEERDO Love Cabaret. À la suite de cette création, elle est invitée en 2023 à New York par Image Quilt Productions pour participer à Rage & Honey: A Night of Black Flamenco à l’Actors Studio Theater.
En 2024, elle reçoit une bourse de développement professionnel du Conseil des arts du Canada, qui lui permet de poursuivre sa formation en danse. Dans ce cadre, elle approfondit sa technique en suivant des cours de ballet et perfectionne l’utilisation d’accessoires emblématiques du flamenco — notamment les castagnettes, l’éventail, le châle (mantón) et la bata de cola — enrichissant ainsi sa musicalité et sa présence scénique.
Elle développe actuellement ODE YSSEY, une trilogie chorégraphique qui explore les influences africaines dans le flamenco et l’héritage historique laissé par l’esclavage des Africains en Andalousie et en Espagne.
En 2025, elle est récipiendaire d’une bourse de création du Conseil des arts du Canada pour approfondir cette recherche. Dans ce cadre, elle séjourne pendant un mois à Jerez de la Frontera, en Espagne, où elle vit au sein d’une famille gitane afin de s’immerger dans la culture et les traditions flamencas. Ce séjour, enrichi par des ateliers privés avec des artistes locaux, nourrit sa recherche chorégraphique et sa réflexion sur les liens entre les diasporas africaines et l’évolution du flamenco.
En parallèle, La Roseline développe plusieurs collaborations interdisciplinaires. Elle est à l’origine de La Muñeca Prohibida, une pièce de fusion indo-flamenca créée en collaboration avec la danseuse Thejaswini Vijayakkumar. Le scénario est complété et les artistes ont été sélectionnés; le projet est actuellement en développement dans l’attente de financement. Elle travaille également sur CARMEN CapacitART! pour le Centre culturel Georges-Vanier, une initiative de création inclusive visant à offrir aux artistes malentendants et semi-voyants l’opportunité d’interpréter un segment de l’opéra flamenco Carmen.
En 2026, elle est artiste en résidence au Centre des arts de la Maison d’Haïti, où elle développe et présente KANSON WOUJ : Trajectoires et métamorphoses dans le cadre de la Biennale 2026 consacrée à l’identité plurielle des femmes afro-descendantes. Dans cette performance, elle se personnifie en kanson wouj (le « caleçon rouge »), oiseau national d’Haïti, et invite le public à parcourir une cartographie vivante de ses migrations. L’œuvre rend hommage à sa mère Aline ainsi qu’aux femmes haïtiennes et afro-descendantes — mères, tantes, sœurs, artistes et révolutionnaires — dont les luttes et la résilience ont façonné sa liberté et ses droits civiques.