En développement professionnel | Le 13 septembre 2018 - Par Suzanne Beaucaire

Bien préparer sa rencontre avec un diffuseur: le canevas en cinq points

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© Rawpixel - Pixabay

Lorsqu’un artiste obtient un premier rendez-vous professionnel avec un diffuseur (directeur de salle, de festival ou d’événement), il est important qu'il se prépare bien pour engager un dialogue fructueux et susciter un intérêt. Dans une rencontre qui dure souvent moins d’une demi-heure, chaque minute compte. Comment faire pour que ce premier contact soit à la fois efficace et satisfaisant? Suzanne Beaucaire vous partage sa formule gagnante en cinq points.

1. Souriez!
Serrez la main de votre interlocuteur (pas molle, svp) et vouvoyez-le si vous ne le connaissez pas. N’essayez pas de cacher que vous êtes nerveux. Soyez honnête! Un peu d’humour sera apprécié…

«Merci de me recevoir, de vous prêter à cet exercice, etc.».

2. Laissez les cinq premières minutes à votre interlocuteur
Brisez la glace: «J’ai vu votre programmation…» ou «Je suis allé(e) voir tel spectacle…» ou «En visitant votre site Web, j’ai vu que vous vous intéressez à...», puis posez une question en lien avec cette entrée en matière. Si vous en avez l’occasion, allez visiter sa salle avant la rencontre.

En principe, votre interlocuteur va parler de son lieu. Intéressez-vous à ce qu’il dit, retenez un élément qui constituera une entrée en matière pour parler de votre travail.

3. Expliquez le but de votre visite
VOUS NE VENEZ PAS VENDRE QUELQUE CHOSE. Vous voulez surtout créer un premier contact, mieux vous faire connaître, parler de votre démarche artistique, de vos projets en cours. Bien sûr, vous pouvez sonder si une collaboration est envisageable...

Quelques exemples:
«Je suis présentement en recherche de résidence pour ma 3e pièce avec quatre danseurs. Cette œuvre explore... Je m’inspire de...»
«J’ai présenté mon travail à tel festival, telle vitrine… et j’ai reçu suffisamment d’intérêts pour envisager une diffusion en 2019-2020.» Ici, nommez un ou deux diffuseurs intéressés.
«Je concentre actuellement mes énergies à créer des liens, à me faire connaître. J’ai reçu une bourse pour créer ma prochaine pièce...»
«J’ai le goût de m’impliquer dans le développement de public… Avec mon prochain projet, j’aimerais sensibiliser à tel enjeu…»

Discrètement, surveillez le temps que vous prenez.

Votre interlocuteur va vous poser des questions. Il faut que vous connaissiez votre projet à fond! S’il veut plus d’infos écrites (description, dossier de presse, devis technique), demandez si vous pouvez envoyer le tout par courriel et vérifiez que vous avez la bonne adresse.

4. Ayez en main (ou sur ordinateur)

  • Vos dates disponibles pour des résidences ou des représentations.
  • Une courte vidéo (pas plus de 3-4 minutes). Si le diffuseur veut voir l’intégral, vous lui enverrez le lien ultérieurement.
  • Une carte de visite ou un flyer (genre carte postale) à lui laisser.
  • Un calendrier avec vos dates de représentations passées et à venir.
  • Un devis technique comprenant les dimensions de l’aire de jeu. Si vous avez un plan aérien de la mise en espace, c’est encore mieux.

Votre interlocuteur s’aventure à parler de cachet? C’est du sérieux. Indiquez que vous connaissez vos coûts de plateau et montrez-vous ouvert à la négociation en fonction du nombre de représentations, de ce qui vous est offert par le diffuseur (techniciens, per diem, etc.) et de ce qu’il sollicite de votre part (participation à une activité de médiation culturelle, etc.). Envoyez plus tard – par courriel (les écrits restent !) – une proposition budgétaire en fonction de vos discussions.

5. Assurez une suite à ce premier contact
a) Le diffuseur s’est montré intéressé. Vérifiez:

  • Si votre proposition peut éventuellement faire partie de sa programmation.
  • S’il a tout en main pour prendre une décision.
  • À quel moment vous pouvez le relancer pour parler de dates, s’il y a un processus de sélection et comment y participer.
  • S’il veut venir en studio pendant vos répétitions. Confirmez alors une date avec lui.
  • S’il fait partie d’un réseau que vous pourriez approcher...

b) Le diffuseur vous dit qu’il ne programme pas (ou plus) ce genre de travail. Gardez-le sur vos listes – on ne sait jamais! – et vérifiez:

  • S’il peut vous référer un autre diffuseur qui serait susceptible de vous recevoir.

Enfin, remerciez votre interlocuteur pour sa disponibilité et son accueil qui a permis de briser la glace et contribué à vous améliorer. «On se revoit à Parcours Danse?»

 

Suzanne Beaucaire s’implique dans le milieu des arts de la scène depuis près de 30 ans. Agente de développement pour Le Théâtre Sans Fil durant huit ans et Le Carré des Lombes pendant 12 ans, elle contribue à leur diffusion et leur rayonnement national et international. Suzanne se distingue par une approche intuitive des lieux et des rencontres, peaufinée au fil des ans. Minutieusement élaborés, ses outils et stratégies s’adaptent à tous les contextes.

 

Du 15 octobre 2018 au 1er juin 2019, elle offrira aux membres du Regroupement québécois de la danse le programme d’accompagnement personnalisé Développer ses stratégies de diffusion. Voilà une belle occasion de bénéficier de son expertise! Inscriptions avant le 30 septembre.

Contenu complémentaire:
Diffuser son projet artistique étape par étape, par Suzanne Beaucaire, RQD, 21 septembre 2017.

 

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