Membre honoraire du RQD

Jeanne Renaud

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  • Déformité (1948)

Biographie

Danseuse et chorégraphe renommée, Jeanne Renaud est une pionnière de la danse moderne au Québec. Tout au long de sa carrière distinguée, «Jeannot », comme on la surnomme affectueusement, s'est intéressée autant à la musique et aux arts visuels qu'à la poésie et au théâtre. Elle a fait partie du groupe d'artistes qui luttaient pour apporter la modernité dans le Québec d'après-guerre, et c'est grâce à une de ses œuvres, lancée lors d'une représentation audacieuse de danse moderne par Françoise Sullivan, à Montréal, en 1946, que la danse a pu faire partie de ce mouvement contemporain. Elle a ensuite fondé l'École moderne de danse de Montréal avec Françoise Riopelle, en 1962, puis Le Groupe de la Place Royale, dont elle a été directrice artistique et chorégraphe. L'art, pour elle, est avant tout une collaboration; c'est pourquoi elle a toujours commandé la musique, les décors et les costumes pour ses spectacles. Elle a véritablement le don d'intégrer les diverses sources de créativité en une même œuvre.

Toujours prête à prendre des risques, elle a passé sa vie à stimuler l'esprit créatif chez elle et chez les autres, ce qui était primordial à son avis. Ancienne codirectrice artistique des Grands Ballets canadiens, professeure d'université, membre du Conseil des Arts du Canada et lauréate du Prix Denise-Pelletier, elle continue à mener une vie très active et éclectique puisqu'elle est conseillère en danse, conférencière et marraine de tous les arts. Si Jeanne Renaud n'a pas signé Refus global, c'est qu'elle n'avait pas atteint l'âge légal de la majorité au moment de la publication du célèbre manifeste. Mais cette jeune femme déterminée était animée de l'esprit de contestation, de recherche, de révolte et de modernisme qui caractérisait les signataires.

Jeanne Renaud, chorégraphe, pionnière de la danse moderne au Québec, est née dans une famille où l'art était considéré avec respect. Comme toutes les petites filles de son milieu social, Jeanne étudie le piano, le ballet et la danse moderne, mais les chemins déjà tracés ne l'attirent pas. Elle fréquente les automatistes et, dès 1946, s'associe à la peintre, sculpteure et danseuse Françoise Sullivan pour présenter quelques spectacles à Montréal. Elle étudie la danse à New York, de 1946 à 1949, pour parfaire sa formation, puis elle se rend à Paris où, de 1949 à 1954, elle enseigne la danse. Elle y donne aussi un spectacle à l'American Club, en 1952, auquel collaborent Riopelle (au décor) et Pierre Mercure (à la musique).Déjà s'exprime chez Jeanne Renaud le goût de confronter les grands créateurs et d'explorer toutes les diversités artistiques. Elle sait intuitivement que la danse moderne lui permettra d'exprimer la totalité de son être et de sa présence au monde et d'illustrer les relations et la complémentarité qui existent entre les différentes formes d'art.

Elle aime le risque, croit au travail d'équipe et préfère commander la musique, les décors et les costumes de ses spectacles, provoquant ainsi des rencontres stimulantes avec Jean-Paul Mousseau, Fernand Leduc, Serge Garant, Gilles Tremblay, Mariette Rousseau-Vermette… Fondatrice, avec son amie Françoise Riopelle, de l'École moderne de danse de Montréal, lieu de la nouvelle danse à Montréal, elle y sera active jusqu'à ce qu'elle fonde, seule, le Groupe de la Place Royale.

Avant-gardiste, elle présente des spectacles de danse « sur du silence », crée des chorégraphies pour sa troupe et poursuit des expériences sur le dépassement des limites de la danse qui l'amènent à fonder Galerie III, lieu d'exposition, de présentation de concerts, de danse et de théâtre. Son expérience professionnelle en fait une personne recherchée par les institutions culturelles.

Conseillère en danse, Jeanne Renaud est aussi membre de plusieurs conseils d'administration en art. En plus d'avoir été directrice du département de danse au ministère des Affaires culturelles de 1979 à 1981, elle a travaillé au Conseil des arts du Canada. De 1985 à 1987, elle a été codirectrice artistique des Grands Ballets canadiens, insufflant à la troupe sa vision moderne de la danse. Texte de Janette Biondi, écrit à l’occasion de la remise du Prix Denise-Pelletier à Jeanne Renaud en 1989.

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