Membre individuel professionnel du RQD

Ariane Boulet

Interprète, Chorégraphe

Dans mes expériences de spectatrice, en danse ou non, j’ai remarqué que les plus mémorables sont celles qui traitent de l’intimité, du vécu de l’artiste. La distance qu’offre l’oeuvre d’art me permet, comme spectatrice, de vivre ma propre émotion reliée à une expérience semblable, ou m’offre une nouvelle perspective sur elle. Je crois donc que l’exposition de l’intimité de l’artiste en création favorise l’empathie du spectateur, que de parler de soi explicitement fait émerger la sensation du corps vivant chez l’autre. J’ai donc l’ambition de sortir la danse et la performance de son contexte artistique pour le transposer, le transporter, le trimballer dans le contexte ordinaire de la vie quotidienne, avec les gens ordinaires de la vie quotidienne, soit vous et moi. J’aborde souvent le travail à partir d’images, d’idées ou d’actions étant directement liées au vécu de l’artiste sur scène. Parfois moi, parfois l’autre. J’aborde l’intimité comme construite en carte géographique et constituée de multiples frontières. On arrive à identifier à partir de la limite, à partir de ce qui n’est pas. Le contraste, si prenant et efficace, utilise cette tension crée par deux pôles pour produire une sensation. Une multitude de frontières se tracent à mesure que l’identité se définit, formant ainsi une carte géographique de plus en plus grande formée de territoires divers, parfois flous, clairs, obscurs, grands, petits, géométriques, difformes, etc… Elle se reconnaît chez moi à partir de la mémoire des lieux et des paysages connus.

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  • © Jeremy Mimnagh

Biographie

Depuis ma graduation du baccalauréat en interprétation de la danse contemporaine de l’UQAM en 2009, j’ai travaillé comme interprète pour entre autres Geneviève C. Ferron, Andréa de Keijzer, Marie-Ève Farmer, Sarah-Ève Grant, Système Kangourou, les Imprudanses et Andrée Martin dans son projet de recherche-création l’Abécédaire du corps dansant. J’ai avec ces créateurs multiplié les représentations à Montréal, Toronto, en France, en Belgique et au Brésil. Parallèlement à cela, j’ai développé depuis 2009 deux créations en collectif avec En Cohorte : Tabula Rasa (2010) et Chroniques d’une saison (2011), ainsi que trois créations en solo, Le Cerf, ou moi qui cède à l’espace (2012), MA Rosa (2012) et La marche nuptiale (2013). Ces pièces, en plus d’être présentées à Montréal, ont voyagé en Colombie, au Chili, en Bolivie, en France et en Italie. Grâce à une bourse de recherche et de création du CALQ, j’ai pu mener à terme le projet initial de faire une vidéo-danse avec Le Cerf, ou moi qui cède à l’espace, et définir mon intérêt certain de traiter la création à partir de l’intimité de l’artiste sur scène. Cette question quant à ce qui favorise l’empathie et l’identification du spectateur m’a amené à poursuivre une maîtrise en danse à l’UQAM (2009-2014), ainsi qu’à développer mon intérêt d’emporter l’art et de le présenter dans des contextes non-artistiques. À cet effet, j’ai pu danser dans un hôpital du CHUM en 2013, dans différentes salles d’attente et de soin. Cette expérience a concrétisé mon intuition quant à la pertinence de déterritorialiser la performance de son lieu sacré.

J’ai aussi travaillé en gestion de projet, aux communications et en développement de public pour Danse-Cité (2010), Les Imprudanses (2010), La 2e Porte à Gauche (2011), et le Regroupement Québécois de la Danse (2012).

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