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TÉMOIGNAGE
Martin
Faucher – Regard sur les Grands Chantiers
de la danse
La
rubrique Témoignages donne ce mois-ci carte blanche à Martin
Faucher, un metteur
en scène talentueux, danseur à ses
heures, également président du Conseil
québécois du théâtre (CQT)
depuis 2005. Si le RQD lui a lancé, avec grande
confiance, cette invitation à l’écriture,
ce n’est pas seulement parce que Martin Faucher
est un homme de vision, généreux et engagé.
C’est également parce qu’il a présidé le
Comité directeur des travaux préparatoires
qui ont mené à la tenue des seconds États
généraux du théâtre en octobre
dernier. Il nous fait donc plaisir de diffuser son témoignage
afin qu’il inspire celles et ceux qui croient aux
projets rassembleurs et à la pertinence des Grands
Chantiers.
Constats, conseils et élan du cœur
de la part d’un jeune sage, passionné de danse
et leader à l’énergie
contagieuse.

En ce coin de terre d’Amériques,
le Québec
est un étonnant terreau propice à l’éclosion
d’artistes aux paroles et aux univers des plus singuliers.
Depuis cette grande ouverture sur la modernité que
fut notre Révolution tranquille,des vagues successives
de plasticiens, de musiciens, de gens de plumes et de gens
d’images, de gens de scène, de théâtre
et de danse, n’ont cessé de déferler
afin de nourrir notre imaginaire collectif. De Paul-Émile
Borduas à Yannick Pouliot, de Pierre Mercure à René Lussier,
de Michel Tremblay à Olivier Kemeid, de Pierre Perrault à Manon
Barbeau, d’André Brassard à Frédéric
Dubois, de Jeanne Renaud à Mélanie Demers,
une relation privilégiée entre artistes et
publics s’est ainsi patiemment tissée au fil
des ans, créant par le fait même un dialogue
sensible, intelligent et mystérieux que seul l’art
peut proposer au sein d’une société.
Désormais, nous nous reconnaissons dans les univers
que nous proposent nos artistes. Nous les fréquentons,
nous les laissons nous interpeller, nous choquer, nous
réconforter, nous apaiser et nous interroger, car
ils nous permettent de nous élever.
Les arts et les
artistes sont une richesse pour notre société québécoise,
c’est
un fait indéniable. Malgré cela, nos gouvernements
peinent encore et toujours à reconnaître concrètement
la richesse que nous représentons en se montrant
bien incapables de soutenir adéquatement, et de
manière éclairée, notre développement
et notre rayonnement. À nous donc, encore et toujours,
de nous retrousser les manches afin de faire en sorte que
l’art puisse s’épanouir à la
hauteur de notre talent et de notre potentiel dans le Québec
d’aujourd’hui et de demain.
Nous venons de vivre
dans le milieu du théâtre
une intense période de réflexion qui a trouvé son
aboutissement ultime en octobre dernier avec la tenue des
Seconds États généraux du théâtre
professionnel québécois : Le théâtre
plus que jamais! Ayant eu l’honneur de présider
le Comité directeur au cœur de tous les travaux
préparatoires qui se sont échelonnés
d’avril 2006 à octobre 2007, je peux témoigner
des innombrables effets positifs qu’ont générés
les rencontres et tables de concertation à Québec
et à Montréal, ainsi que la tenue elle-même
de ces États généraux où plus
de 400 personnes sont venues pendant trois jours et demi
participer aux débats, ateliers et assemblée
plénière avec un enthousiasme réjouissant,
voire étonnant. En effet, sans être pour autant
divisés, les différents joueurs de notre
milieu théâtral sont devenus au fil des ans
plutôt indifférents aux problématiques
et défis vécus par les uns et les autres,
chacun étant trop préoccupé par sa
propre survie artistique et financière. L’exercice
démocratique et rassembleur qu’auront été ces États
généraux, ainsi que les travaux qui les ont
précédés, aura donc permis à tous
les praticiens du théâtre québécois,
tant artistes que travailleurs culturels, d’échanger,
de se confronter et de retrouver une grande solidarité afin
que nous puissions tous ensemble, haut et fort, mieux rêver
le théâtre québécois d’aujourd’hui
et de demain au sein de sa société.
Le milieu
de la danse québécoise a connu
un essor ni plus ni moins que fulgurant au cours des 30 dernières
années, faisant en sorte que différentes
générations de chorégraphes, d’interprètes
et de compagnies se côtoient aujourd’hui dans
la plus grande diversité esthétique, et ce,
pour le bonheur des différents publics qui fréquentent
désormais assidûment cet art exigeant où l’audace
et la rigueur règnent. Mais là encore, nos
instances gouvernementales se montrent malheureusement
bien peu enclines à comprendre et à répondre
aux besoins pourtant criants d’un milieu essentiel à la
vitalité artistique québécoise. Vous,
du milieu de la danse québécoise, êtes à l’aube
d’un processus similaire à ce que nous avons
vécu dans le milieu théâtral. Je ne
peux que vous encourager à plonger de plain-pied
dans cette formidable aventure qu’est la tenue d’États
généraux. Je ne vous cacherai pas qu’elle
est des plus exigeantes, parfois épuisantes mais,
en bout de course ô combien stimulantes! Elle ne
peut qu’être un tremplin pour mieux assurer
l’avenir.
Je souhaite donc à Anik Bissonnette
et à Lorraine
Hébert, à Sophie Préfontaine et au
Comité directeur, ainsi qu’à l’équipe
du RQD tout le courage et la chance nécessaire dans
la préparation de ces États généraux
afin que ceux-ci soient à la hauteur des attentes
et aspirations d’un milieu qui ne mérite que
ce qui lui est dû, c’est-à-dire le meilleur.
Bien à vous,
Martin Faucher
Président
Conseil québécois du théâtre
(CQT)
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© i-mouvance est édité
par le Regroupement québécois de la danse.
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