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QUE S'EST-IL PASSÉ DEPUIS
LES 1ERS ÉTATS GÉNÉRAUX DE LA DANSE
DE 1994?
Pour réussir le périlleux mais nécessaire
exercice de se projeter dans l’avenir et d’imaginer
le meilleur pour la danse au Québec, il importe
de prendre conscience des travaux et des réalisations
accomplis par le passé et qui ont façonné le
paysage de la danse actuelle. Afin de dégager les
faits marquant de ce développement, le RQD a fait
appel, l’an dernier, à Catherine Caron pour
préparer un document faisant état du chemin
parcouru depuis la tenue des premiers États généraux
de la danse, en 1994. Les résultats de ses recherches
avaient été partiellement présentés
lors du Rendez-vous annuel des membres de 2006. Un an plus
tard, il nous apparaissait essentiel de redonner vie et
pleine ampleur à ce travail et à favoriser
plus largement sa diffusion. Voici donc le rappel en mémoire
des avancées de la danse au cours des 15 dernières
années.
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le document
Mot de l’auteure
Les États généraux de la danse ont
marqué en 1994 le dixième anniversaire du
Regroupement des professionnels de la danse, devenu ensuite
le Regroupement québécois de la danse (RQD).
Sous la présidence d’honneur de madame Mme
Jeanne Renaud, l’événement s’est
tenu les 18, 19 et 20 février 1994 et a accueilli
119 délégués représentant la
diversité des secteurs d’activité de
la danse (enseignement, création, diffusion, etc.).
Il s’agissait d’une première au Canada
où pareille mobilisation et pareil effort de concertation
ne s’étaient jamais vus dans le domaine de
la danse. Il en a découlé près de
80 recommandations, le premier Plan de développement
triennal du secteur de la danse au Québec (1994-1997)
et surtout la conviction que le milieu de la danse québécois
avait franchi là une étape de maturité importante
dans la prise en charge collective de son propre développement.
Plus de 10 ans plus tard, alors que le RQD s’engage
dans le projet des Grands Chantiers, quel regard pouvons-nous
jeter aujourd’hui sur ces recommandations? Sont-elles
tombées dans l’oubli? Ont-elles conduit à des
actions et des changements significatifs? Demeurent-elles
actuelles et irrésolues? Si de grands problèmes
persistent, relativement au financement global de la danse
notamment, il apparaît néanmoins clairement
que des réponses très positives et concrètes
ont émergé de ce processus impliquant toute
une chaîne d’acteurs gouvernementaux et culturels.
Beaucoup de choses ont progressé. Exemples :
la création du réseau La danse sur les routes
du Québec; la création de nouveaux organismes
comme La Rotonde, l’Agora de la danse, le Festival
International de Danse Encore et LOMA (Danse Danse); l’installation
d’O Vertigo et de la Fondation Jean-Pierre Perreault
dans des lieux de création de haut niveau; ou encore
les avancées concernant la formation professionnelle
et la représentation politique du milieu.
Nous avons tenté ici de dégager quelques-uns
des principaux constats qui peuvent être faits concernant
les revendications de 1994 et les actions qui s’en
sont suivies. Travail ingrat, nécessairement partiel
et fragmentaire, car de nombreux sujets nécessiteraient
de véritables études. Cette tâche n’en
demeure pas moins éclairante pour observer le chemin
parcouru. Chose certaine, il est évident que notre
milieu est sorti gagnant de cette expérience unique
de concertation et de mobilisation. En cela, ce regard
en arrière, riche d’enseignements, est un
bon antidote au cynisme et à l’individualisme
qui nous guettent toujours et qui nuisent au développement
de la solidarité si essentielle pour qu’une
discipline comme la danse puisse avancer.
Pour tous ceux et celles qui se sont insérés
dans notre milieu après la tenue des États
généraux de la danse, nous espérons
que ce document favorisera une connaissance commune et
un partage d’information, et qu’il leur fournira
un outil pour mieux comprendre où nous en sommes
collectivement. Pour ceux et celles présents en
1994, nous espérons qu’ils seront fiers de
plusieurs des accomplissements mentionnés ici et
motivés à continuer, en plus d’être
indulgents envers le caractère imparfait d’un
travail comme celui-ci qui se veut un révélateur,
une porte ouverte vers d’autres travaux et vers ceux
qu’il nous reste à réaliser.
Actuellement, pire encore qu’en 1994, nous savons
tous que ce sont plusieurs « couches de générations » d’artistes
de la danse pourvues de talent qui se retrouvent devant
un système de plus en plus bloqué et une
réalité de plus en plus complexe. Contre
cela, la créativité, les initiatives, les
solutions et, disons-le franchement, les modes de survie
se multiplient, heureusement! Cependant, les effets ne
nous mobilisent-ils pas davantage que les causes des problèmes
qui nous affectent? Jamais auparavant le monde n’a
créé autant de richesse. Alors, pourquoi
tirons-nous si souvent le diable par la queue en danse
alors que nous évoluons à ce moment unique
dans l’Histoire? Rarement nous posons-nous la question… À force
d’être réalistes et pragmatiques, on
peut se demander aussi si nous arrivons à être
encore porteurs d’utopies. Or, la capacité de
penser l’utopie est fondamentale à qui veut
vivre et se projeter dans l’avenir. Elle fait certainement
partie de l’invitation qui nous est lancée
de nous engager activement dans le processus des Grands
Chantiers de la danse pour discuter non seulement de nos
difficultés mais des valeurs fondamentales et des
rêves que nous partageons et qui sont garants de
notre futur.
Merci à toutes celles et ceux qui ont aidé à la
réalisation de ce travail.
Catherine Caron
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© i-mouvance est édité
par le Regroupement québécois de la danse.
Les articles signés expriment l'opinion de leurs
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