Le Conseil des Arts du Canada : 50 ans d’histoire… et de revendications!

Le 50e anniversaire du Conseil des Arts du Canada sera souligné de multiples façons tout au long de l’année, d’un bout à l’autre du pays. Aperçu des célébrations et retour sur les faits marquants de cette institution au cœur du développement des arts et des lettres au Canada.

Cinquante ans, c’est certainement un anniversaire à célébrer! Pour marquer le coup, l’année 2007 sera ponctuée d’une série de célébrations artistiques parmi lesquelles figurent plus de 80 concerts, prestations et autres activités orchestrées par différents organismes artistiques au pays. Les célébrations débutent les 27 et 28 mars prochains, 50 ans jour pour jour après la création du Conseil des Arts du Canada (CAC) par le Parlement canadien, le 28 mars 1957. Symboliquement, le 28 mars 2007 sera désigné la « Journée pour les arts ». Les festivités sont inaugurées par un spectacle où 50 éminents artistes canadiens, dont les deux chorégraphes Marie Chouinard et John Alleyne, se retrouveront à Ottawa pour représenter chacun une période de l’histoire du CAC. Pour s’informer du calendrier des célébrations, on peut consulter le site Web dédié au 50e en cliquant au www.50.conseildesarts.ca.

Le Conseil des Arts du Canada : au cœur du développement des arts au pays

Depuis 1957, le CAC, organisme national autonome, a pour importante mission de favoriser et de promouvoir la recherche, la création, la production et la diffusion des arts. Ce rôle est rempli par différents programmes de subventions gérés par des services responsables des différentes disciplines. Une des vocations du Conseil est de travailler à la sensibilisation de la population aux arts et différentes mesures et programmes développés à cet effet. De plus, tous les ans, le Conseil décerne nombre de prix et de distinctions, souvent accompagnés de bourses, dont les plus connus et médiatisés sont les Prix du Gouverneur général.

50 ans de financement…
Tout commence en 1949 alors que la Commission Massey (une commission royale d'enquête sur l'avancement des arts, des lettres et des sciences au Canada) est mise en place. Le rapport qu’elle dépose, deux ans plus tard, recommande la création du Conseil des Arts du Canada; recommandation que suivra le Parlement en adoptant la Loi sur le Conseil des Arts du Canada, le 28 mars 1957. À ses débuts, le Conseil verse des subventions à neuf orchestres, trois compagnies de théâtre professionnelles, trois compagnies de danse et deux périodiques. Le montant total des subventions et bourses pour l’année 1957-1958 se chiffre à 1,4 million de dollars.

Six ans après sa création, le Conseil recommande que le gouvernement augmente la caisse de dotation de 30 millions de dollars sur trois ans. C’est le début d’un long chemin de revendications sur l’importance du financement public des arts au Canada... Après de légères augmentations, le Parlement canadien donne un premier coup de barre en allouant au CAC, en 1967-1968, un budget de 16,9 millions de dollars, quintuplant ainsi les fonds distribués aux arts. Cette même année, on assiste à une croissance importante des recettes générées par le secteur des arts de la scène. Si ces dernières se chiffraient à 2,4 millions en 1957, elles s’élèvent désormais à 9 millions de dollars. C’est également en 1968 que la danse devient un service distinct du Conseil.

Se préoccupant de la qualité de vie des artistes, le CAC se fait leur porte-parole auprès du gouvernement en décriant leur situation économique et leur difficulté à se faire reconnaître à titre de professionnels par la société.

En 1975, le budget des arts se chiffre à 32,6 millions de dollars. Cinq ans plus tard, le président du Conseil, Mavor Moore, élève la voix et rappelle que l'aide réelle du Conseil aux arts stagne dangereusement. Pire, que les subventions ne réussissent pas à suivre l'inflation alors que les dépenses de fonctionnement des organismes artistiques ne cessent de croître. L'accès aux subventions pour les nouveaux artistes et les jeunes compagnies est donc très difficile. Ce cri du cœur a été entendu, puisque de 1981 à 1984, le Parlement haussera de 6 millions de dollars le budget du CAC.

En 1985-1986, le Conseil fait face à ses premières coupures budgétaires. En tenant compte de l’inflation, les crédits parlementaires qui lui sont alloués, entre 1985 et 1990, subissent une diminution de 20 %. En 1991-92, toujours en tenant compte de l'inflation, on estime que la valeur des subventions du Conseil a alors diminué de 30 %.

De 1992 à 1996, les coupures déferlent : 10,7 millions sont retranchés du budget alloué aux subventions, le Conseil réduit ses dépenses d'administration de 50 %, le gouvernement réduit le nombre des membres du conseil d'administration, qui passe de 21 à 11, et le nombre des services des arts passe de 10 à 7. Des années difficiles…

En 1997-1998, le gouvernement fédéral élu renverse la vapeur et accorde 125 millions de dollars supplémentaires au Conseil pour les cinq prochaines années. L’année suivante, le CAC est en mesure d’inaugurer un nouveau programme, nommé Inter-arts, destiné à favoriser les approches artistiques interdisciplinaires. À l’aube du nouveau millénaire, les crédits du Conseil sont à nouveau augmentés de 10 millions, ce qui lui permet alors d’accroître son aide financière à des programmes et des initiatives à l’endroit du jeune public et des artistes en début de carrière. Cette même année, un programme de soutien au développement organisationnel, la Brigade volante, est créée au Service de la danse.

Depuis 50 ans, on remarque que le secteur des arts et de la culture au Canada a connu une croissance exponentielle : un indicateur indéniable du talent et de la vitalité des artistes et des travailleurs culturels. En 2005-2006, 5 780 subventions ont été accordées par le biais de différents programmes, dont 57 subventions au fonctionnement pour un nombre équivalent de compagnies de danse. Au total pour la discipline, c’est près 15 millions de dollars qui sont alloués annuellement aux organismes. Ce montant représente moins de 13 % du budget global du Conseil.

Ainsi, au grand total, en 2005-2006, c’est plus de 132 millions de dollars (94 fois plus d’argent accordé qu’en 1957!) qui ont été versés en subventions, bourses et prix attribués à l’ensemble des disciplines soutenues par le CAC.

On se rappellera les démarches menées conjointement par le Regroupement québécois de la danse et la Canadian Dance Assembly auprès du Service de la danse et du conseil d’administration du CAC pour les sensibiliser à la nécessité d’augmenter les fonds alloués à la danse. Pour plus d’information sur cette demande conjointe et sur la situation du financement de la danse, nous vous invitons à consulter le document intitulé Présentation conjointe du RQD/CDA au Conseil des Arts du Canada, déposée en mars 2006, et disponible sur le site du RQD.

L’augmentation des crédits du Conseil est devenue le cheval de bataille de la Coalition canadienne des arts et du Mouvement pour les arts et les lettres qui, par un travail concerté, font valoir auprès des élus la nécessité de hausser de façon permanente le budget du CAC à 300 millions de dollars, cela pour pallier, ne serait-ce que minimalement, aux besoins ressentis par l’ensemble des secteurs des arts et de la culture.

Si tous les artistes et travailleurs culturels souhaitent vivement un autre 50 ans au Conseil des Arts du Canada, tous s’entendent également pour reconnaître qu’il est grand temps que cette instance bénéficie d’un rattrapage budgétaire à la hauteur de l’effervescence et des initiatives des milieux qu’elle soutient. Malheureusement, à la lumière du dernier budget Flaherty, force est de constater que le gouvernement Harper n’a pas encore tout à fait compris le message…

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