Lucie Grégoire invitée au 100e anniversaire de Kazuo Ohno

La chorégraphe et danseuse Lucie Grégoire participera, le 27 janvier prochain, à une soirée-gala célébrant le 100e anniversaire de naissance du légendaire danseur de butô Kazuo Ohno, au Kanagawa Kenritsu Seishonen Center Hall, à Yokohama, en périphérie de Tokyo. Le gala, qui se prolonge aussi en matinée le 28 janvier, rassemblera des dizaines d’artistes de la danse — parmi lesquels Min Tanaka, Kim Maeja, Tomiko Takai, Ismael Ivo et Ushio Amagatsu—, venus présenter de courts extraits de chorégraphies. Si sa santé le lui permet, Kazuo Ohno fera une brève prestation sur scène durant les deux spectacles.

Lucie Grégoire est la seule danseuse canadienne à être invitée à ce prestigieux gala. Elle y dansera un extrait de Eye, fruit de sa rencontre avec Yoshito Ohno, le fils de Kazuo Ohno, lui aussi chorégraphe et danseur. Eye a été présentée en intégral à l’Agora de la Danse en 2004 et un extrait a été présenté dans le cadre d’une rétrospective de portraits photographiques consacrés à Kazuo Ohno à la galerie Konica Minolta, à Tokyo, en octobre dernier.

Pour Lucie Grégoire, c’est un grand honneur d’être invitée à participer à ce gala. « Kazuo Ohno est un des plus grands danseurs de tous les temps, affirme-t-elle. Tout son être incarne la danse à l’état pur; la vibration de son âme s’étend du plus petit grain de sable à l’infini de l’univers. Il me touche dans les fibres les plus intimes de mon être. » Depuis 1985, l’année où elle suit pour la première fois ses ateliers, Kazuo Ohno n’a cessé d’être pour elle une grande source d’inspiration.

ohno kazuo

Biographie Kazuo Ohno
Kazuo Ohno naît à Hakodate City au Japon, le 27 octobre 1906. Il découvre la danse grâce à un professeur d’école qui l’emmène voir une représentation de la danseuse espagnole Antonia Merce, aussi connue sous les noms "La Argentina" et "The Queen of the Castanets". Ce spectacle le marquera à jamais.

Après ses études collégiale, Kazuo Ohno enseigne l’éducation physique dans une école secondaire de Yokohama. Parallèlement, il commence un entraînement avec deux pionniers de la danse moderne japonaise: Baku Ishii et Takaya Eguchi.

En 1938, Ohno fait son service militaire et est envoyé au front en Chine et en Nouvelle-Guinée pour une période neuf ans. À la fin de la guerre, il sera fait prisonnier en Nouvelle-Guinée et détenu pendant 12 mois. Dès son retour, il reprend la danse. Sa première prestation a lieu à Tokyo, en 1949, alors qu’il a 43 ans.

L’année suivante, Kazuo Ohno rencontre Tatsumi Hijikata. Ce dernier, ayant rejeté les formes populaires de la danse provenant de l’Ouest, développe un vocabulaire de mouvements et d’idées, le Butoh, avec un collectif. En 1959 Hijikata crée une des premières œuvres du Butoh, Kinjiki (Couleurs oubliées), basé sur une nouvelle de Yukio Mishima.

En 1977, le premier solo Butoh de Kazuo Ohno, dirigé par Hijikata, "La Argentina Sho" (Admiration de La Argentina), est primé par le Dance Critic's Circle Award. Il présentera ce solo à Strasbourg, Londres, Stuttgart, Paris et Stockholm. Hijikata dirigera Ohno pour deux autres œuvres majeures "Ma mère" et "Mer morte", performées conjointement avec son fils Yoshito Ohno. Étant considéré comme l’un des plus importants artisans du Butoh, Ohno reçoit de nombreux prix et enseigne son art sur tous les continents.

Les Québécois ont pu être témoins à deux reprises de l’extraordinaire présence sur scène de Kazuo Ohno. L’artiste a d’abord été invité au Festival international de nouvelle danse, en 1989, puis au Carrefour international de théâtre, en 1996.

La dernière performance outre-mer de Kazuo Ohno, "Requiem pour le 20e siècle", a lieu à New York, en décembre 1999. Durant cette année, son état de santé se détériore, mais il continue à danser, comme si son âge le nourrissait. Quand il ne peut plus marcher, il danse grâce au support des autres. Lorsque ce support même est insuffisant, il danse assis. Et quand ses jambes refusent de bouger, il danse avec ses mains. Au moment où son corps ne peut presque plus rien pour lui, il rampe au sol et transporte la foule en extase par les mouvements de son dos.

La danse de Kazuo Ohno, soucieux de « montrer la forme de l’âme » est un hymne à la vie, à l’homme et à l’univers. Depuis octobre 2006, les hommages à ce grand danseur se succèdent au Japon, en Europe et aux États-Unis.


Source :
Lucie Grégoire Danse
Kazuo Ohno Dance Studio

Retourner au sommaire du numéro de janvier 2007

© i-mouvance est édité par le Regroupement québécois de la danse.
Les articles signés expriment l'opinion de leurs auteurs et pas nécessairement celle du RQD.

Pour toute information : info@quebecdanse.org

 
 
 

Carte du site Politique éditoriale | Crédits
© Copyright 2005. Tous droits réservés. Regroupement québécois de la danse.