| |
  
Le 80e anniversaire de Maurice Béjart
Sa longue feuille de route est ponctuée d’œuvres marquantes
qui ont sillonné le monde. Pour célébrer son 80e
anniversaire, tout le gratin de la danse classique a convergé vers
Lausanne pour assister à un spectacle créé pour l’occasion
des élèves de l’école-atelier Rudra. Après
60 ans de carrière, Maurice Béjart séduit encore.
Un article paru dans Le Figaro, le 1er janvier 2007.
Maurice Béjart, quatre-vingts
bougies pour une légende
Ses amis, sa famille, ses danseurs, tout le cercle immense
de ceux qui reconnaissent en lui un maître, ont fêté son
anniversaire samedi soir à Lausanne. Il demeure
un artiste qui irradie bien au-delà des frontières
de la danse. Jean-Claude Brialy en témoigne.
« Cela
a été une soirée
magnifique, une soirée de ferveur et d’Art
sublime », confie Jean-Claude Brialy, qui a
assisté samedi soir, au Palais de Beaulieu de Lausanne,
au spectacle donné devant 1700 spectateurs par l’école-atelier
Rudra qu’a fondée et que dirige Maurice Béjart.
Avec deux jours d’avance, sa famille, ses amis, ses
fidèles,ses élèves et le directeur
de l’école, Michel Gascard, ont célébré l’anniversaire
de celui qui est né le 1er janvier 1927 à Marseille.
Homme-légende
qui a ouvert grandes les portes de la danse, il demeure
un homme simple et accessible, presque étonné que
l’on vienne du monde entier pour le saluer. Ses amis
de l’Opéra, parmi lesquels – impossible
de citer tout le monde – Claude Bessy, Brigitte Lefèvre,
Hugues Gall et l’impératrice Farah Diba, Julia
Migenes, Gérard Mannoni, les danseuses Tania Bari,
Marcia Haydée, pour n’en citer que quelques
une, Jean Babilée, lui aussi danseur de légende – et
qui fêtera ses 84 ans en février prochain! –,
tous étaient venus, tous étaient représentés.
Bernadette
Chirac et Claude Pompidou avaient envoyé des
messages, et, du large cercle de ceux qui l’aiment,
seuls ceux qui étaient retenus au loin par l’impérieux
appel de la danse, telle Sylvie Guillem, étaient
absents… et si présents en même temps.
La
force de la créativité
« Ce qui est magnifique, poursuit Jean-Claude
Brialy, c’est la jeunesse et l’inventivité de
Maurice Béjart. Ses élèves, qui sont
tous beaux et possèdent une technique superbe, cinquante
danseurs entre 17 et 25 ans, ceux qui ont dansé pour
l’occasion une chorégraphie nouvelle, La
Vie du danseur, témoignent de la force de son
enseignement, de ce don de la transmission qui est le sien,
témoignent de ce que Maurice Béjart a encore à apporter à son
art. » Et Jean-Claude Brialy, qui n’aurait
pour rien au monde raté cette soirée, de
poursuivre : « Une heure trente de danse
qui passe comme un souffle, tout en fluidité. Une
création forte et libre, pleine d’esprit,
d’humour même, avec des parodies, des scènes
cocasses de diva et une autre, magnifique, avec une barre
qui se reconstitue par morceaux, danseur par danseur, tout
cela, c’est à la fois fidèle à sa
manière, complètement neuf. » [...]
Les personnalités
suisses étaient également
là, bien sûr: Pascal Broulis, président
du Conseil d'État vaudois, Jean-Frédéric
Jauslin, chef de l'Office fédéral de la culture,
Daniel Brélaz, syndic de Lausanne, tous ceux qui
soutiennent financièrement aussi l'école-atelier
Rudra. Pas de représentants officiels français,
mais Renaud Donnedieu de Vabres a demandé à l'indispensable
Jean-Claude Brialy d'être son truchement. Maurice
Béjart a quelques raisons d'être en délicatesse
avec la France, qui n'a pas su lui faire la place qu'il
méritait... mais une autre grande fête devrait
avoir lieu lorsque la compagnie sera à Paris, dans
quelques semaines.
Parmi les dernières créations
de Maurice Béjart, il y a Tchekhov au bois dormant,
qui va de Petipa à l'écrivain de La Cerisaie.
Deux figures proches pour Maurice Béjart, qui a
appris beaucoup au cours de Mme Preobragenskaïa, au
Studio Walker, devant le lycée Jules-Ferry. Catherine
Samie, un jubilé au Français, s'en souvient. « Tout
en lui déjà, au-delà de sa beauté magnétique, était
douceur, tendresse humaine. Plus tard, il m'a fait danser,
ici, dans Les Plaisirs de l'île enchantée,
et à la Scala et à Salzbourg dans Le
Martyre de saint Sébastien. Moi aussi, je lui
dis bon anniversaire, très bon anniversaire... »
Source :
Un article de Armelle Héliot
Le Figaro, 1er janvier 2007
www.lefigaro.fr/culture/20070101.FIG000000156
_maurice_bejart_quatre_vingts_bougies_pour_une_legende.html
Retourner
au sommaire du numéro de janvier 2007
© i-mouvance est édité
par le Regroupement québécois de la danse.
Les articles signés expriment l'opinion de leurs
auteurs et pas nécessairement celle du RQD.
Pour toute information : info@quebecdanse.org
|
|
  |