Grands Chantiers de la danse

TÉMOIGNAGES
RETOUR SUR LE RENDEZ-VOUS ANNUEL DES MEMBRES


Voici les réponses que le RQD a récoltées à la suite d’une invitation lancée au terme du Rendez-vous annuel des membres 2007. La question à répondre était la suivante: « Que retenez-vous de votre expérience à titre de personne-ressource ou de secrétaire des premiers ateliers des Grands Chantiers de la danse ? »

Sophie Michaud, répétitrice
Personne-ressource de l’atelier Les conditions de pratique et exigences de l’art

Quelque chose d’important est enclenché, je le sens. Depuis quand ? Longtemps, peut-être. Tout cela se préparait en sourdine. Je captais ici et là, à droite et à gauche, dans les studios comme dans les bureaux et aux coins des rues, le besoin de dire, le désir d’entendre. Puis, il y a eu le Chantier interprètes. Une voix forte et sensible s’est exprimée et on sait maintenant qu’il nous faut entendre les autres; chacun est partie prenante d’une réalité complexe, multiple; il nous faut connaître l’espace de ceux qu’on ne saurait ignorer. Certes, il est ici question d’ouverture et tout me porte à penser que l’interprète n’est pas seul à vouloir s’avancer sur le terrain de la re-connaissance de l’autre. Re-trouver, re-penser, re-voir, re-chercher, re-créer. Ré-agir, agir. Deux jours nous ont permis de croire que chacun est prêt à entendre et à affirmer. Cela est réjouissant. Cela me semble prometteur. Du travail, oui. Encore et encore. Un champ de bataille, je ne crois pas. Un champ de retrouvaille, assurément. De Grands Chantiers.

***

Dominic Simoneau, coordonnateur du développement professionnel au RQD
Personne-ressource de l’atelier Paradoxes et défis d’une main-d’œuvre qualifiée en danse

Nouvellement en poste au RQD depuis octobre dernier, j’ai eu le plaisir et le privilège de jouer le rôle de personne-ressource pour un atelier consacré à la main-d’œuvre. Quelle belle entrée en la matière! Je retiens de ces deux jours d’atelier les nombreux enjeux soulevés, bien sûr, mais aussi les forces des travailleurs de la danse : leur passion, leur créativité, leur polyvalence, leur versatilité, leur flexibilité et l’une des plus importantes à mon avis, leur engagement.

Pour la petite histoire, c’est à 15 ans que j’assistais à mon premier spectacle de danse. Je m’en souviens encore. Complètement ébahi, j’étais loin de me douter, à l’époque, de toute l’énergie nécessaire pour réaliser une œuvre de danse. J’étais aussi loin de penser que cette affection pour la danse, cette étincelle allumée il y a plus de quinze ans, m’amènerait à m’engager de si près avec les créateurs, les interprètes, les gestionnaires, les thérapeutes et tous les autres travailleurs culturels de la danse aujourd’hui.

Dans les prochains mois, portés par les Grands Chantiers de la danse, je souhaite que chacun de nous, travailleurs de la danse, puissions nous engager dans cette aventure avec cette flamme toujours vivante qui nous allume et qui nous permettra de rêver, tous ensemble, à l’avenir de notre discipline.

***

Fabienne Cabado, journaliste
Secrétaire de l’atelier Relève disciplinaire: continuité et mutations

Pour ce qui est de l’ambiance générale, j’ai trouvé que l’engagement et la vitalité des personnes présentes offraient un contrepoids positif au faible taux de participation des artistes en regard de leur grand nombre sur le marché de la danse à Montréal. Et si la présence de Christine Saint-Pierre (ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine) à la cérémonie d’ouverture était encourageante, j’aurais adoré l’entendre réagir aux bilans effectués à l’issue des deux demi-journées de rencontre. Au vu des enjeux dégagés et des mandats confiés aux cinq comités qui plancheront une année durant en vue des États Généraux de 2008, j’ai pensé que l’appellation « Grands Chantiers » avait quasiment l’air d’un euphémisme. Je me suis demandé si la communauté de la danse était suffisamment armée, unie et volontaire pour relever ce grand défi de société. Je me suis demandé aussi comment je pouvais m’impliquer personnellement sans entrer en conflit d’intérêt du fait de ma fonction de journaliste. Je songe sérieusement à la médiation culturelle et je n’exclus pas l’idée de sauter la clôture un jour ou l’autre. Comme quoi les grands rassemblements peuvent stimuler le sentiment d’appartenance et le goût d’une action solidaire...
 
Pour ce qui est de l’atelier sur la relève dont j’étais secrétaire, la fluidité des discussions entre artistes, enseignants et administrateurs semblait donner la preuve que ce qui est le plus difficile dans le dialogue, c’est de l’instaurer. Outre le besoin criant de communication intergénérationnelle, intersectorielle mais aussi interculturelle qui s’est exprimé lors des deux rencontres, les artistes dits de la relève me sont apparus plus que jamais comme des générations sacrifiées par une politique de l’autruche éternellement reconduite depuis une vingtaine d’années. Peut-on étymologiquement parler de relève quand aucune place ne se libère ni ne se crée ? Comment partager les richesses dans une famille nombreuse qui n’a pas les moyens de nourrir ses enfants ? Parmi les grandes questions qui tournaient dans ma tête au sortir de ces journées d’ouverture des Grands chantiers de la danse, je me demandais si nous ne vivions pas en sursis dans une société qui est d’autant moins capable d’assurer sa relève artistique qu’elle parvient à peine à soigner et à éduquer ses citoyens. Je me disais aussi qu’aucun d’entre nous ne peut plus vraiment faire l’économie de la responsabilisation et de l’engagement.

***

Benoit Pelletier, rédacteur pigiste
Secrétaire de l’atelier  Les territoires de la danse : ancrage et nomadisme

Je ressors de cette expérience plus que jamais convaincu que ces Grands Chantiers sont vraiment la chose à faire. Les échanges animés et instructifs entre les participants de l'atelier m'ont confirmé que la danse a besoin de savoir où elle en est, collectivement je dirais, pour mieux définir et assurer son développement dans les prochaines années.
 
Ayant travaillé plus d'une année au RQD, j'ai eu l'occasion de faire des recherches sur les travaux et les suites des États généraux de 1994; ces Grands Chantiers et les prochains États généraux seront sans nul doute un deuxième point tournant de la discipline.

Retourner au sommaire du numéro

© i-mouvance est édité par le Regroupement québécois de la danse.
Les articles signés expriment l'opinion de leurs auteurs et pas nécessairement celle du RQD.

Pour toute information : info@quebecdanse.org

 
 
 

Carte du site Politique éditoriale | Crédits
© Copyright 2005. Tous droits réservés. Regroupement québécois de la danse.