Grands Chantiers de la danse

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DES GRANDS CHANTIERS DE LA DANSE

_ATELIER A_
RELÈVE DISCIPLINAIRE: CONTINUITÉ ET MUTATION
Extraits du cahier d’animation, Ateliers de lancement

EXPLORATION DU LA THÉMATIQUE
Qu’est-ce qu’on entend par relève disciplinaire? C’est un processus qui s’inscrit dans le temps, qui évolue en fonction des générations d’individus qui se relaient les unes aux autres au sein des structures et des organisations qui se sont développées au fil des années. C’est aussi un but à atteindre : assurer l’avenir de la discipline.

Continuité et mutations? L’évolution de la danse peut s’inscrire dans un continuum, ce qui implique la permanence de certains acquis et la transformation d’autres. Elle peut aussi être le résultat de ruptures imposées ou, au contraire, souhaitées. On parle alors de mutations au sens de transformations significatives dans les manières d’être, de penser et de faire les choses.

MISE EN CONTEXTE
Comment la danse veut-elle assurer sa relève disciplinaire?
Le problème du sous-financement de la discipline entrave depuis plusieurs années son développement. La preuve en est que deux générations d’artistes et de professionnels de la danse, sinon trois, ont du mal à trouver leur place dans le système. Les possibilités de développer leur art et leur savoir-faire, selon les règles et les exigences de l’art, s’avèrent extrêmement variables et comptées. Pourtant, ce sont ces artistes et ces professionnels de la danse qui sont appelés à prendre le relais de ceux qui quitteront demain et après-demain, et donc à assurer l’évolution et l’avenir de la discipline. La relève en danse est généreuse, surtout en interprètes et en chorégraphes qui, pour percer dans un marché saturé, ont besoin d’obtenir rapidement la visibilité et la reconnaissance qu’impose le système. Pas de place pour ceux qui ont le succès lent ou trop tempéré, à moins d’être persévérants ou très chanceux! Mais d’autres ressources auront besoin d’être relevées : administrateur, gestionnaire, agent de communication et de développement, directeur artistique, chercheur, formateur, etc.

Le système actuel provoque plusieurs anomalies : l’intégration à la vie professionnelle prend de plus en plus de temps alors que le processus de transition de carrière tend à s’accélérer avec la forte compétition en nombre d’interprètes talentueux qui envahissent le marché québécois. Le jeune et moins jeune chorégraphe, qu’il soit indépendant ou incorporé en compagnie, a tout intérêt à apprendre à gérer sa carrière en empruntant les conduites et les modes du modèle entrepreneurial. Développer des compétences et des habiletés en gestion (marketing, planification d’affaires, collecte de fonds privés, etc.) tend à devenir la voie à prendre pour avoir accès, éventuellement, aux moyens de pratiquer son art et de développer sa voie. Sinon, d’autres alternatives sont possibles : travailler dans la marge, opter pour un parcours atypique, mettre en commun ses ressources et ses talents ou se recycler dans un autre métier de la danse.

Peut-on prévoir les effets du modèle entrepreneurial que l’on propose actuellement à la jeune relève sur la culture et les valeurs de la danse? Si la relève disciplinaire a fort besoin de gestionnaires et d’administrateurs, y aura-t-il parmi tous ces entrepreneurs formés sur le tas autant d’artistes arrivés à maturité? Dans un autre ordre d’idées, le modèle du collectif qui, en principe, favorise un partage plus économique des ressources et des compétences disponibles est-il plus facile à gérer que la compagnie formée autour d’un chorégraphe unique et aussi prometteur en économies d’échelle et en retombées artistiques?

Si les générations qui attendent de prendre le relais avaient la possibilité de choisir, que voudraient-elles? Que les choses se fassent autrement que maintenant? Et parmi les chorégraphes qui ont fondé leur compagnie, et qui, un jour, se retireront, combien aspirent à léguer ce qu’ils ont mis en place et ce qu’ils ont acquis en expériences de vie artistique?

Faut-il craindre la disparition des structures mises en place ou, au contraire, souhaiter que la relève invente d’autres modèles? Les exigences à rencontrer ont-elles à ce point changé pour exiger des transformations radicales?

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