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MOT DE LA PRÉSIDENTE DU
RQD, ANIK BISSONNETTE
Discours prononcé à l'ouverture
des Grands Chantiers de la danse
lors du Rendez-vous annuel des membres 2007.
« Chers amis,
Nous voici donc à la ligne de départ des
Grands Chantiers de la danse. Pour partager avec vous ce
que ce moment signifie pour moi, à titre de présidente
du Regroupement québécois de la danse, permettez-moi
d’utiliser une comparaison liée à mon
expérience d’interprète.
Aujourd’hui,
comme vous tous peut-être, je me
sens telle qu’au premier jour d’une nouvelle
création. Une nouvelle création qui pourrait
bien s’intituler les Grands Chantiers de la danse.
Vous savez, avant d’entrer en studio pour travailler à un
nouveau projet, on est à la fois porté par
beaucoup d’espoir et beaucoup d’inquiétude.
On sait que l’on fera partie d’une nouvelle équipe;
on souhaite que le projet nous aide à nous épanouir
comme artiste et à repousser nos limites; on souhaite
avoir du plaisir à travailler. Au fond de nous-mêmes,
nous aspirons aussi à être partie prenante d’une
grande œuvre, d’une œuvre significative
qui a le pouvoir de porter loin et peut-être de faire
changer des choses.
Les Grands Chantiers de la danse, c’est un work
in progress. C’est un projet de recherche-création
appelé à évoluer au fil des jours
grâce à notre créativité, à notre
capacité à nous renouveler et à notre
exigence au travail. Aujourd’hui, nous entrons
en studio pour découvrir et mettre en œuvre
ce projet qui nous mènera aux seconds États
généraux de la danse. Durant plus d’un
an, nous serons appelés à nous côtoyer
de près, quel que soit le rôle que nous
jouons dans cette communauté, quel que soit notre
métier : interprète, chorégraphe,
professeur, diffuseur, directeur général,
agent de développement, agent de communications,
répétiteur, chercheur, et j’en passe – excusez-moi,
il y en a beaucoup! Nous serons appelés à partager
nos expériences, nos interrogations, nos idées,
quel que soit notre âge ou notre nombre d’années
de pratique. La danse, nous le savons, nous apprend à vivre
dans le doute, l’insécurité, mais
aussi à être dans l’écoute, à faire
preuve de créativité, d’audace et
de solidarité.
Il est bien normal d’avoir le trac! C’est comme
le soir d’une première, qu’on se trouve
sur scène ou en coulisses. Serons-nous à la
hauteur des attentes? Serons-nous capables de traverser
les moments de doute et de confrontation? Car il risque
d’y en avoir si nous parlons vrai et si nous sommes
déterminés dans notre recherche de solutions.
Cette démarche que nous amorçons et qui nous
fera nous approprier les différents territoires
de la danse, leurs défis et leurs enjeux, le RQD
aimerait en confier les auspices à une personne
qui a beaucoup donné à la communauté de
la danse québécoise.
Avant que la communauté de la danse n’entre
en plein travail, prenons un instant pour rappeler à notre
mémoire Jean-Pierre Perreault, décédé il
y a cinq ans, le 4 décembre 2002. Homme impliqué dans
sa communauté et dévoué à la
cause de la danse, il a été membre fondateur
et premier président du RQD. Il fut également
un acteur de premier plan dans la conduite des travaux
et la réalisation des premiers États généraux
de la danse de 1994.
Vous savez comme moi que Jean-Pierre Perreault aimait chorégraphier
pour de grands ensembles. Ses pièces interrogeaient
les rapports humains tout comme la place que prend l’individu
au sein d’un groupe, d’une société.
Je souhaite que chacun d’entre nous trouve sa place,
sa façon de faire valoir son point de vue sur les
réalités de la danse, sa façon de
contribuer personnellement à ce projet que nous
avons : nous donner une vision collective de ce que
l’on veut que la danse soit. J’invite chacun,
dans le respect des autres et le souci d’enrichir
la réflexion, à prendre la parole, sa parole. »
La présidente du RQD,
Anik Bissonnette
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