Grands Chantiers de la danse

RETOUR SUR LES ATELIERS DE LANCEMENT
DES GRANDS CHANTIERS DE LA DANSE

_ATELIER B_
PARADOXES ET DÉFIS D'UNE MAIN-D'OEUVRE QUALIFIÉE EN DANSE
Extraits du cahier d’animation, Ateliers de lancement

EXPLORATION DU LA THÉMATIQUE
Une main-d’œuvre qualifiée? La danse professionnelle québécoise repose sur les compétences, les savoir-faire, la créativité et la passion d’individus exerçant différents métiers. Parmi les métiers de la danse : celui d’interprète, de chorégraphe, de directeur artistique, de diffuseur, de directeur administratif, de formateur, d’enseignant, de pédagogue, de chercheur, d’écrivain, d’agent de communication, d’agent de développement.

La qualification de la main-d’œuvre réfère à l’ensemble des connaissances et des compétences jugées nécessaires pour répondre aux exigences spécifiques à chacun des métiers. Cette notion est souvent difficile à appliquer en danse, car plusieurs des métiers de la danse ne disposent pas d’une chartre de compétences définissant les savoir-être et les savoir-faire exigés. Il n’existe pas non plus de formation spécifique, sanctionnée par un diplôme ou une accréditation, pour nombre de métiers exercés en danse. L’expérience acquise sur le terrain, et reconnue par les pairs, tient lieu de qualification. Les critères de qualification de la main-d’œuvre en danse changent en fonction de nouvelles exigences à rencontrer. La qualification de la main-d’œuvre est de plus en plus synonyme de formation continue et de perfectionnement.

MISE EN CONTEXTE
Comment la danse va-t-elle relever le défi d’une main-d’œuvre qualifiée?
Le défi de la main-d’œuvre qualifiée, de sa rétention et de son renouvellement, se pose dans tous les secteurs de la société. Le roulement de personnel au sein des organismes de danse fait partie de la réalité courante. Et les efforts investis dans la formation de nouvelles recrues rapportent peu à la danse, si l’on en juge par la difficulté de les garder bien longtemps en poste. Bien que la danse se soit développée en misant sur l’énergie et la polyvalence des ressources humaines qui lui étaient accessibles, il semble qu’il soit de plus en plus difficile de les renouveler dans les mêmes conditions et au même prix. Il est aussi permis de penser que la hausse des standards de qualité, de compétitivité, de gouvernance et de reddition de comptes rende incontournable l’acquisition de ressources plus spécialisées au sein de nos équipes de travail. À défaut d’avoir les moyens d’y accéder, l’enjeu de la formation continue gagnerait à faire davantage partie de la culture des organisations et des individus.   

Le défi d’une main-d’œuvre qualifiée en danse est particulièrement élevé, en raison d’une culture de formation et de perfectionnement essentiellement axée sur les savoirs artistiques. En effet, les besoins de nos organisations, et des artistes eux-mêmes, sont de plus en plus criants du côté de la gestion et du marketing (gestion de carrière ou de ressources humaines, administration, direction, recherche de financement, collecte de fonds, etc.). Autres paradoxes que la danse doit résoudre : la surabondance de sa main-d’œuvre artistique (interprète, chorégraphes, etc.), alors qu’il y a pénurie dans plusieurs autres secteurs de métier (gestion, administration, communication, développement de marché, développement de public, direction de production, etc.). Combien parmi ceux sortis de nos écoles de formation professionnelle arrivent à trouver leur place au sein des compagnies québécoises? Et combien, parmi ceux appelés à faire un deuxième choix de carrière, une réalité bien concrète en danse, opte pour un de ces autres secteurs de métier? Est-ce par manque d’intérêt, de connaissance ou de valorisation de métiers sur lesquels s’appuie pourtant l’infrastructure de la danse?

Plusieurs des compétences acquises dans certains métiers de la danse résultent d’une expérience pratique sur le terrain et, selon des modes de transmission à prédominance orale et kinésique. Faut-il voir à la formalisation de ces savoirs et, dans le même esprit, à la professionnalisation de ces métiers? Dans la perspective où il faudra vraisemblablement renouveler, d’ici peu, cette main-d’œuvre qualifiée, y a-t-il d’autres modes de transmission de ces connaissances et expertises qui valent leur pesant d’or?

Peut-on mieux mettre à profit ce qui existe en structures, en expertises, en savoir-faire, en potentiel de ressources au sein même de la discipline? Et pour répondre au défi d’une main-d’œuvre qualifiée dans plusieurs secteurs névralgiques de la profession, faut-il penser à d’autres voies de formation?

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