Grands Chantiers de la danse

RETOUR SUR LES ATELIERS DE LANCEMENT
DES GRANDS CHANTIERS DE LA DANSE

_ATELIER D_
CONSOLIDATION ET RÉGÉNÉRESCENCE DE L'INFRASTRUCTURE DE LA DANSE
Extraits du cahier d’animation, Ateliers de lancement

EXPLORATION DU LA THÉMATIQUE
Qu’entend-on par infrastructure de la danse? Tout comme la structure osseuse et musculaire supporte le corps dans ses mouvements, l’infrastructure de la danse soutient l’ensemble des activités générées par les différents secteurs de la pratique, dont la formation, la recherche, la création, la production, la diffusion et les services. Cette infrastructure est constituée d’éléments qui tissent des réseaux de circulation et d’interaction entre les corps de métier, déterminent les conditions d’exercice des divers métiers et structurent les relations professionnelles entre les métiers et les individus. Parmi ces éléments organisationnels, mentionnons :

  • les organismes artistiques (compagnies, écoles, diffuseurs spécialisés),
  • les organisations de support (associations, réseaux, organismes de services et outils collectifs),
  • les politiques culturelles,
  • les programmes de subventions.

L’ensemble de ces éléments contribuent à créer un écosystème distinctif, à le réguler et à en assurer la vitalité.

…Consolidation et régénération? En partant du principe que l’infrastructure de la danse professionnelle soutient et oriente le développement de la discipline dans ses différentes étapes de croissance, à quoi devrait-elle aujourd’hui correspondre pour répondre aux besoins de la danse professionnelle au Québec? Quels éléments faudrait-il stabiliser et renforcer? Quels éléments faudrait-il transformer ou ajouter?

MISE EN CONTEXTE
Comment l’infrastructure de la danse doit-elle soutenir son évolution?
L’infrastructure actuelle de la danse professionnelle au Québec est le fruit de plus de quatre décennies d’efforts pour assurer la professionnalisation des métiers de la danse et l’accès à des conditions d’exercice adéquates. Une radioscopie de cette infrastructure donne à voir un écosystème assez complexe dans ses ramifications internes et très dépendant de l’environnement externe dans ses besoins. Les fonds publics n’ayant pas suivi l’essor exceptionnel que la danse a connu dans les 30 dernières années expliquent les insuffisances actuelles de l’infrastructure de la danse professionnelle au Québec, en équipements et en installations notamment mais, plus largement, dans ses capacités à soutenir un développement durable dans plusieurs de ses secteurs d’activité professionnelles.

Les modèles organisationnels qui prédominent dans l’infrastructure de la danse professionnelle au Québec répondent généralement à une seule des fonctions de la chaîne de production : les écoles de formation professionnelle, les compagnies de création et de production et les organismes spécialisés en diffusion de la danse. On y retrouve toutefois quelques modèles hybrides qui amalgament d’autres fonctions de la chaîne de production. On pense à des compagnies de production qui, animées par des directions artistiques, jouent à la fois le rôle de producteur et de diffuseur auprès de compagnies et de chorégraphes indépendants. On peut également penser aux organismes de services et de mise en réseaux qui, en périphérie de la chaîne de production, contribuent à en renforcer les éléments spécialisés en production ou en diffusion.

Certains modèles d’organisation spécialisés dans une des fonctions de la chaîne de production en sont arrivés, par choix ou par nécessité, à intégrer d’autres fonctions. Pensons aux compagnies de création et de production qui prennent en charge la formation continue de leurs interprètes ou le perfectionnement de leurs chorégraphes en résidence, ou encore aux diffuseurs spécialisés qui s’associent au processus de création et de production par des résidences de création et des coproductions.

Pour pallier les insuffisances de l’infrastructure à admettre la prolifération des organismes de formation, création, production et diffusion, d’autres modèles d’organisation voient le jour. On réfère ici à un organisme comme Diagramme, qui offre des services de soutien administratif, de développement de carrière, voire de promotion et de diffusion, à une douzaine, sinon plus, de chorégraphes indépendants ou incorporés en compagnie. En l’absence de ressources humaines et financières suffisantes au sein des compagnies de création et de production, on assiste à la naissance de consortium autour d’enjeux très spécifiques : développement de marché, recherche de sources privées de financement, etc. Poussant plus loin l’idée de faire mieux et plus, tout en allégeant les coûts de fonctionnement des organisations artistiques, l’idée du modèle flexible en gestion et organisation des pratiques de production et de diffusion, voire en développement professionnel, tend à s’imposer comme une solution d’avenir. En la matière, tout ou presque est à inventer.

En partant du principe que l’infrastructure de la danse professionnelle doit continuer à soutenir et orienter le développement de la discipline, quels sont les éléments à renforcer, ou à transformer, pour que la discipline puisse s’inscrire dans un développement durable? Le modèle d’organisation spécialisée en fonction de la chaîne de production est-il toujours viable au regard des standards d’excellence, d’innovation, de rentabilité et de compétitivité à rencontrer? S’il faut penser à des modèles d’organisation plus flexibles, à quels besoins devront-ils répondre et de quels types de ressource et de compétence auront-ils besoin?

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