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Diversité culturelle
: les premiers comptes sont bons
Le Canada multiplie les pressions pour l'entrée
en vigueur de la convention en 2007
La campagne mondiale en faveur de la ratification de la
convention de l'Unesco pour la diversité culturelle
avance rondement et ses défenseurs canadiens gardent
espoir de la voir adoptée en bonne et due forme l'an
prochain.
Sept pays ont déposé officiellement leurs
instruments de ratification auprès de l'organisme
onusien. Neuf autres ont complété leur processus
interne de ratification (par exemple par un vote au parlement)
et devraient donc terminer bientôt le processus complet.
Avec ces 16 États parties (ou presque), la barre
de la moitié du nombre nécessaire est franchie
puisque la Convention sur la protection et la promotion
de la diversité des expressions culturelles entrera
en vigueur si 30 pays y adhèrent.
Lancée en 2002 et promue par la France et le Canada,
cette convention a été approuvée par
l'Unesco le 20 octobre 2005. Seuls les États-Unis
et Israël ont voté contre.
Ce traité permettra à la culture de ne plus
être considérée comme une simple marchandise
soumise aux accords commerciaux. La marge de manoeuvre des
États signataires s'en trouvera renforcée,
par exemple, pour protéger leur industrie culturelle.
Le Canada a été le premier pays à accepter
la Convention, en novembre 2005, juste avant le déclenchement
des dernières élections fédérales.
L'île Maurice, le Mexique, la Roumanie, Monaco, la
Bolivie et Djibouti ont aussi complété le
travail. Ici même, la ratification est simple : il
suffit d'un vote du cabinet. Ailleurs, comme au Brésil
et au Mexique, elle passe par un chemin parlementaire tortueux.
Les parlements de France et de Finlande ont déjà
approuvé l'entente. L'Espagne, le Luxembourg, l'Italie,
l'Autriche, Malte et la Suède seraient aussi proches
de la ratification.
Ottawa maintient sa position officielle en faveur de l'instrument
juridique international malgré le récent changement
de gouvernement. «Le Canada a profité de toutes
les occasions pour encourager la ratification de la Convention»,
résume Dominique Colin, du service des relations
avec les médias du ministère canadien du Patrimoine,
en énumérant les efforts des derniers mois.
Elle souligne que les délégués canadiens
ont joué d'influences lors de la réunion de
mai du Groupe de travail sur la diversité culturelle
et la mondialisation (d'ailleurs présidé par
le Canada); en juin à Montréal, lors d'une
rencontre avec la haute direction de l'Unesco, et le mois
dernier à Paris, lors d'un sommet préparatoire
du prochain Sommet de la Francophonie. Les pressions reprendront
de plus belle lors de cette rencontre, à Bucarest,
les 28 et 29 septembre.
Les Coalitions pour la diversité culturelle, liant
une trentaine de groupes, multiplient aussi les démarches
internationales. Robert Pilon, de la Coalition canadienne,
pionnière du secteur, a passé les deux tiers
de son temps à l'extérieur du pays entre novembre
et juin dernier. Il a, par exemple, visité tous les
pays d'Amérique latine, sauf la Bolivie, rencontrant
ici une ministre de la Culture, là un sous-ministre
des Affaires étrangères. «Je n'ai reçu
nulle part une objection fondamentale», dit-il, en
rappelant que 148 pays ont voté en faveur de la Convention
à l'Assemblée générale en octobre
2005.
Mais pour cet infatigable défenseur de la cause depuis
des années, il ne faut pas se contenter d'atteindre
le palier des 30 États parties d'ici l'assemblée
générale de 2007. «On sera sérieux
quand on aura 70 ou 75 adhésions, dit-il. Il faut
aussi donner du poids à ce traité en obtenant
une représentation équilibrée des régions.»
D'où ses efforts portés au cours des prochains
mois vers l'Asie et l'Afrique anglophone.
Un article de Stéphane Baillargeon, paru dans
Le Devoir, édition du mercredi 30 août 2006.
Sources :
http://www.ledevoir.com
http://www.diversite-culturelle.qc.ca
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