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Une thèse de doctorat
portant sur Luna, d’O Vertigo
Dena Davida, directrice artistique
et générale de Tangente, offre ici un résumé
de sa thèse de doctorat portant sur « l’événement-danse
» de Luna d’O Vertigo. La version complète
du document est disponible aux bureaux du RQD.
Un texte de Dena Davida
C’est un projet d’anthropologie de la danse
contemporaine, une ethnographie des pratiques composant
un projet chorégraphique montréalais. Cette
thèse a été réalisée
dans le cadre du Programme d’études et pratiques
des arts de l’Université du Québec à
Montréal, dont je suis la deuxième diplômée
dans le champ de la danse (le premier étant Marc
Boucher). C’est un regard approfondi sur les contextes
socio-culturels de « notre » danse artistique
et la modernité artistique en occident. Il s’agit
d’une quête doctorale qui a duré sept
années, partant de la question urgente du pourquoi
nous nous engageons dans ce genre d’événements
de danse. En d’autres mots, cette étude touche
à la nature profonde et la fonction même de
la danse contemporaine québécoise : le qui,
quoi, quand, où et surtout le pourquoi de cette façon
de s’engager dans l’événement
de la danse.
Résumé
« Luna Révélée » met en
mouvement une étude ethnographique sur un événement
de danse contemporaine original, conçu par la chorégraphe
québécoise Ginette Laurin et sa compagnie
de danse O Vertigo, oeuvrant dans la ville cosmopolite de
Montréal. Ici, les pratiques chorégraphiques
du monde de la danse ont déjà fait l’objet
d’analyses en tant que comportements socioculturels.
L’événement a suscité une multitude
de significations chez ses participants, tout au cours de
leur collaboration jouissive au processus de création
à l’occasion « extra-ordinaire »
de la performance de la chorégraphie Luna. Telle
qu’élaborée par des anthropologues de
la danse étudiant les formes de danses traditionnelles
et sociales, la notion de l’événement
de danse devient ici un cadre de référence,
une mesure étalon pour comprendre la nature et la
signification d’un événement de danse
contemporaine (ou, comme l’appellent certains au Québec),
de « nouvelle danse »). Les paramètres
de ce projet de recherche allaient bien au-delà des
performances publiques de la chorégraphie Luna, pour
englober l’événement dans son intégralité,
de la conception jusqu’à l’après-événement.
On y a fait la description détaillée de la
nature des différentes activités (quoi), de
l’identité et du rôle de ceux qui y ont
participé (qui), du lieu et de la date de l’événement
(où et quand), mais surtout, de ce qui a poussé
ces individus à y participer (pourquoi). Une quête
de sens était au cœur du projet Luna et a pris
deux formes particulières : la façon dont
l’événement de danse a créé
un sens par rapport à un répertoire d’activités
dans la vie des participants, et les sortes de significations
formulées concernant la performance Luna.
Cette étude est un prolongement du projet de Kealiinohomoku
(1969/1970), où elle a élaboré les
caractéristiques ethniques du ballet classique. Sa
proposition que toute danse est ethnique a été
reprise dans une anthologie publiée sous la direction
de Marcus et Myers (1995) qui a fait une exploration plus
poussée des rapports interdisciplinaires entre les
artistes et les anthropologues au sein du « marché
des arts » des musées, des galeries d’art
et des festivals. Cette recherche s’inspire aussi
de la thèse de doctorat publiée de Novack
(1990) sur l’improvisation en contact, l’étude
de Wulff (2000) sur la carrière des danseurs de ballet,
et l’analyse culturelle du ballet Casse-Noisette de
Fisher (2003). Elle est fondée sur les discours et
les théories du domaine émergent de l’anthropologie
de la danse, se nourrit de la tradition récente de
faire « de l’anthropologie chez soi »,
et des nouveaux développements dans le domaine de
l’esthétique, « sensuous scholarship
» (recherches avec les sens), la théorie de
la réception et de la perception, et les études
culturelles de la danse.
Les méthodes utilisées dans cette étude
de cas comprenaient un travail approfondi sur le terrain
d’une durée de deux ans, trente entrevues en
profondeur et quatre groupes de discussion (dont les propos
des participants ont été enregistrés
et transcrits). Parmi les méthodes utilisées,
on retrouve également des photographies sur le terrain
et la collection de divers documents ainsi que d’autres
types d’artéfacts (vidéo, affiche, CD-ROM,
etc.). Les documents écrits ont été
inscrits dans une base de données informatique, puis
codifiés, paragraphe par paragraphe, à l’aide
du logiciel NUDIST. L’interprétation des données
dans le texte final a permis de faire la synthèse
globale des idées, des théories, des opinions
et des croyances des participants, de la chercheuse et des
théoriciens.
Les résultats ont révélé qu’une
pratique de danse, bien que peu connue du public en général,
est très valorisée par sa propre sous-culture
constituée de praticiens passionnés : artistes,
étudiants, spécialistes, membres du personnel
et spectateurs. À partir du cas d’un événement
d’envergure, l’étude Luna a décrit
quelques-unes des caractéristiques toutes particulières
de la danse artistique : un long processus de création,
le statut professionnel de l’artiste, et l’esthétique
internationaliste (et indigène), la re-création
d’un événement lors de tournées,
c’est-à-dire transposé et transformé
dans différentes villes, et les nombreux et disparates
types de sens et de modes d’interprétation
parmi les participants. Mais avant tout, cette étude
ethnographique de Luna offre aux anthropologues et aux chercheurs
dans le domaine de la danse une méthodologie et un
fondement pour explorer les significations des pratiques
de danse artistique contemporaine dans le contexte holistique
de « l’événement de danse ».
Ci-dessous, la dernière figure de la thèse,
une synthèse de ses propositions principales :
Désormais disponible au RQD,
cette thèse sera également mise à l’étage
de la Bibliothèque des arts de l’UQÀM
au cours du printemps 2007. Il est possible d’obtenir
un sommaire (résumé, table des matières
et figures) en écrivant à dena@tangente.qc.ca,
et éventuellement une copie électronique d’un
chapitre désiré.
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par le Regroupement québécois de la danse.
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