Chaque Thème :: Trajet propose un parcours de lecture dynamique à travers le Web en suivant le fil d’un thème choisi. Pour les mois de novembre et décembre 2006, nous vous suggérons des pistes de réflexion sur la notion d’artiste engagé.

N’hésitez pas à nous transmettre vos suggestions pour enrichir ce parcours en écrivant à info@quebecdanse.org !

 

{novembre}
Art et politique : l’art « contextuel » ou une nouvelle forme de politisation de l’art

Dans le numéro 14 de L’Art même, une publication du ministère de la Communauté française de Belgique, Paul Ardenne interroge en quoi l’art "contextuel", qui a émergé au 19e siècle, a bousculé les rapports habituels entre l’art et la politique. Il discute également en quoi ce courant artistique a mené à une forme nouvelle de politisation de l'art.

[définition]

Sous le label d'art « contextuel », on entend l'ensemble des formes d'expression artistique qui diffèrent de l'œuvre d'art traditionnellement comprise :

> art d'intervention et art engagé de caractère activiste (happenings en espace public, "manœuvres"),
> art investissant le paysage ou l'espace urbain (land art, street art, performance…),
> esthétiques dites participatives ou actives dans le champ de l'économie, de la mode et des médias.

Au cours du 20e siècle, l’art contextuel s’est traduit par un questionnement et un rejet des supports et des médiums d’usage en art, par l’abandon, des lieux institués (musées et galeries) et par l’appropriation d’espaces de diffusion inusités (la rue, les médias, les lieux publics, etc).

Abordant l’art contextuel par le biais des arts visuels, l’auteur souligne que cette forme d’art, de par sa nature « politique », s'est vue souvent refuser le statut de « création artistique ».

Voici donc un texte de portée philosophique pour semer bien des questions…

>> http://www.cfwb.be/lartmeme/no014/pages/page1.htm


{novembre}
L’artiste et le politique : je t’aime, moi non plus !
Qu’en est-il de l’engagement culturel des politiques ? Et de l’engagement politique des culturels ? Le dialogue est-il possible entre ces deux univers – à la fois si loin et si proches ? Telles étaient les questions abordées lors des Journées d’étude sur l’évolution de la politique culturelle de la Ville de Grenoble, tenues en janviers 2004, dont le menu comprenait conférences, débats collectifs et tables rondes.

À lire et retenir, un résumé de l’intervention du politologue Philippe Teillet, qui met la table en lançant un débat de fond sur la relation entre les artistes et le politique. Ce dernier soutient que plusieurs facteurs ont entraîné une dépolitisation de la communauté artistique et des œuvres qu’elle crée. Cette dépolitisation - qui est garante d’une certaine liberté, mais qui est également à la source d’une perte en socialisation, en légitimité et en enjeu politique pour les artistes – a entraîné la construction de rapports malaisés entre les artistes et les élus. S’ils ont en commun la légitimité de leur engagement dans l’espace public ; s’ils partagent la nécessité d’une reconnaissance publique ; et s’ils sont souvent, l’un comme l’autre, fragilisés par l’ondoiement incessant des perceptions publiques ; les artistes et les élus sont confrontés à des différences dans leur statut, dans leurs visées, dans le langage qu’ils emploient et le rôle qu’ils s’octroient.

Un court article pour faire naître l’étincelle d’un débat fort intéressant !

>> http://www.observatoire-culture.net/data/public/pdf152.pdf


{novembre}
L'artiste et l'engagement
Depuis quelques années, le film documentaire politisé (pensez à L’Erreur boréale ou à Bacon, le film), la nouvelle chanson engagée et les artistes qui s'affichent porte-parole de causes sociales ont la cote auprès des Québécois.

L’émission Chasseurs d’idées, diffusée il y a quelque temps à Télé-Québec, s’est penché sur le phénomène de l’artiste «socialement préoccupé ». Mode passagère ou symbole d’une prise de conscience collective ? Force est de constater qu’une nouvelle génération d’artistes veut interpeller, toucher et sensibiliser le « vrai monde »… tout comme il désire intégrer ce dernier dans ses œuvres.

Malheureusement, on ne relève ici aucune création en danse qui soit chargée, ouvertement, d’idées ou de prises de position politiques… La danse se prête-t-elle à l’expression d’opinions politiques ?

>> http://telequebec.tv/sites/idees/chasseurs_idees_1999/theme.html


{novembre}
Dossier : Les artistes et la politique
La revue Réseau, une publication de l’UQÀM, publiait au printemps 2005 un dossier sur la question du rôle politique de l’artiste dans la société. On y avance l’idée qu’en l’absence de personnages politiques aux idées qui frappent l’imaginaire et au charisme fort, les artistes ont pour ainsi dire pris le relais à titre de porteurs de la vision collective. Starisés, écoutés, respectés, les artistes se lancent de plus en plus dans la création “engagée” (qu’on pense au succès inégalé de L’Erreur boréale), s’accolent une cause sociale ou politique, affichent leurs couleurs et leurs préoccupations sur la scène publique. Renouveau d’un genre ou mode passagère ?

>> http://www.uquebec.ca/mag/mag2005_04/doss1-2005_04.pdf

aussi : http://www.infoculture.ca/?page=22&view=2&numero=7817


{novembre}
L’ATSA, ou L’Action Terroriste Socialement Acceptable, ou encore comment faire passer l’art à l’action !
En 1997, les artistes Annie Roy - qui a notamment dansé au sein de La compagnie Montréal Danse - et son conjoint Pierre Allard fondaient l’ATSA. Ensemble, ils créent des œuvres d’interventions urbaines, qui surgissent dans la ville comme une apparition, souvent sous forme d’installations, de performances ou de mises en scène réalistes. Ces créations interpellent le passant et l’invitent à se questionner sur divers enjeux d’ordre environnemental, social et patrimonial qui sont autant de sources d’inquiétude et d’inspiration pour les artistes.

L' ATSA prône une vision non hermétique, active et responsable de l’artiste-citoyen qui prend part au développement durable de sa société.

Parmi les interventions à retenir : la neuvième édition d’État d'Urgence, un camp de réfugiés urbains ouvert 24 / 24 en plein centre-ville montréalais, se déroulera du 22 au 26 novembre 2006. Expérience vivifiante, humanisante, touchante et bouleversante, État d’Urgence utilise l’art comme une courroie de transmission, une thérapie et un élément rassembleur planté dans un environnement éphémère. Banquet, performances, conférences, interventions, et autres activités sont au menu de cette édition qui s’articule autour des thèmes du nomadisme, de la promiscuité et de la cicatrice comme lieu de reconstruction des tissus.

>> http://www.atsa.qc.ca/pages/accueil.asp


{novembre}
Engrenage Noir
Engrenage Noir est un organisme artistique indépendant, sans but lucratif, créé en 2001 par Johanne Chagnon et Paul Grégoire.

«L'essence de cet organisme est né de notre passion pour l'art en tant qu'outil de parole et agent de changement, de notre volonté de nous impliquer socialement par le biais de la pratique de l'art.

Engrenage - pour aider certaines roues d'engrenage à grincer encore plus, afin de leur permettre tout de même de tourner et d'en faire grincer d'autres à leur tour; «une sorte d'anti-WD-40».
Noir - pour ne jamais perdre de vue qu'on ne vit pas dans un conte de fées; s'afficher en couleurs signifierait donner notre accord avec la manière dont le monde tourne.

C'est dans cet esprit commun que nous avons chacun développé des projets à l'intérieur d'Engrenage Noir : Levier (Johanne) et Déranger l'espace (Paul).»

>> http://www.engrenagenoir.ca

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