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Retour sur le Tanzkongress
à Berlin
Le critique portugais Tiago Bartolomeu Costa livre ses impressions
du Tanzkongress auquel il a assisté à Berlin,
du 20 au 23 avril derniers. Le thème « Culture
et Mouvement » y a permis de vastes confrontations,
artistiques et théoriques.
« Le dernier TANZKONGRESS avait été
réalisé en Allemagne sous la République
de Weimar. À l'époque, la chorégraphe
Mary Wigman parlait de la nécessité de substituer
aux positions des pieds imposées par la danse classique,
quelque chose de plus naturel, de plus organique. Elle revendiquait
une place importante pour la danse, qui puisse servir de
référence à d'autres disciplines, du
théâtre aux arts plastiques.
Près de soixante-dix ans plus tard, l'Allemagne réunit
à nouveau des chorégraphes, des théoriciens,
des interprètes, des critiques et le public dans
une discussion autour de la place de la danse dans la société.
Le thème central de ce congrès : quelle est
la capacité de la danse à porter par elle-même
une forme spécifique de connaissance qui serait liée
au corps et au mouvement.
Entre les 20 et 23 avril, à la Haus der Kulturen
der Welt (Maison de la Culture du Monde) à Berlin,
120 maîtres des conférences et plus de 1 500
participants se sont répartis entre une quarantaine
de groupes de débats et quinze spectacles sur le
thème « Culture en Mouvement ». La réalité
allemande est, de nos jours, assez éloignée
d'une définition limitée à des frontières
nationales. Faut-il chercher qui est le plus « allemand
» entre l'Américain William Forsythe, la Hongroise
Eszter Salomon, le Français Xavier Le Roy, la Suisse
Anna Huber, le Brésilien Bruno Beltrão, la
Portugaise Angela Guerreiro, parmi d’autres artistes
« adoptés » par le pays ? Nous sommes
face à une migration qui a donné à
la danse en Allemagne (non seulement à la «
danse allemande ») la dimension universelle et transversale
qui doit, au fond, caractériser chaque geste et chaque
mouvement. Et cela coexiste avec les « monstres sacrés
» allemands (Pina Bausch, Susanne Linke, Sasha Waltz,
Félix Ruckert, Raimund Hoghe...). La scène
allemande contemporaine (le terme «contemporain»
a été plusieurs fois écorché
durant les rencontres) se définit davantage par la
pluralité que par un quelconque nationalisme, un
mot «interdit» en Allemagne.
Le débat a tourné autour de questions telles
que les expériences esthétiques, l'identité,
et la reconnaissance des terrains linguistiques et symboliques
communs. »
Source : Mouvement.net
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http://www.mouvement.net/html/fiche.php?doc_to_load=10761
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