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NDD Info : spécial performance
La dernière parution de NDD info s’intéresse
à l’art de la performance, sur sa signification
actuelle et sa prégnance en territoire belge. Extrait
de « État des lieux » d’Olivier
Hespel.
« Décloisonner les formes d’expression
artistique, dénoncer les principes de produits et
de marché dans l’art, désacraliser le
statut d’œuvre d’art et faire éclater
les conventions qui en découlent, que ce soit dans
sa forme, son fond, son lieu de présentation, son
rapport au public, etc. Autant de volontés autour
desquelles la performance s’est déployée
dans les années 1960 et 1970, aux États-Unis
puis en Europe, avec quelques noms “phares”
comme John Cage, Simone Forti, Laurie Anderson, Yvonne Rainer,
Robert Morris, Joseph Beuys, Yoko Ono… Autant d’héritages
d’un long processus de remise en question de l’art
et de sa position, lancé au début du siècle
dernier dans le monde des arts plastiques (dadaïsme
et futurisme, particulièrement).
Si tout le monde s’entend (plus ou moins) pour envisager
ce que signifiait la performance à cette époque,
qu’en est-il aujourd’hui de cet art qu’en
anglais on a de plus en plus tendance à qualifier
de “live art”? Avant de laisser des artistes
en parler et d’esquisser ainsi le “portrait”
de cet art en Belgique, place à quelques programmateurs
qui, depuis peu, s’intéressent tout particulièrement
à cette matière.
“La meilleure définition de la performance
vient de Rose Lee Golberg, explique Antoine Pickels (initiateur
du festival Trouble, à Bruxelles), un “art
qui défie toute définition”... Au-delà
de cette idée, il y a évidemment des éléments
récurrents. À commencer par les notions de
risque et de fragilité: il ne s’agit pas de
faire un spectacle, un objet total, construit, rodé,
cuirassé et plus ou moins parfait. Il ne s’agit
pas non plus de développer une fiction mais de travailler
sur l’ici et maintenant. Dans la majorité des
cas, d’ailleurs, le performeur ne joue pas un rôle,
mais s’offre lui-même dans son rapport avec
les “assistants”. Je ne parlerais pas de spectateurs
mais d’assistants, car s’il n’y a pas
de spectacle, il n’y a pas non plus de spectateur…
Le temps de la performance est aussi un aspect particulier
et n’entre pas dans le format conventionnel de durée
d’un spectacle: une performance peut se contenter
de quelques minutes ou s’étendre sur des mois.
Une dernière notion très importante est celle
du ratage ou de la réussite. À mon avis, une
performance n’est jamais ratée ou réussie,
mais fausse ou juste, [...]
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