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Focus sur Lynda Gaudreau dans
le Dance Current
Dans son édition du mois de mai dernier, le magazine
Dance Current présente un article écrit par
Guylaine Massoutre sur la démarche de la chorégraphe
Lynda Gaudreau. Quelques extraits d’un parcours d’artiste.
Pour Lynda Gaudreau, récemment nommée conseillère
artistique pour la danse au premier Festival TransAmériques
(FTA) qui se tiendra à Montréal du 22 mai
au 7 juin 2007, la danse ne se conçoit pas hors du
milieu des arts visuels, de la photographie, de l’architecture
et de la musique. C’est pourquoi Gaudreau favorise
des échanges réflexifs entre les créateurs.
Après avoir étudié le ballet classique,
la danse moderne et le ballet jazz, puis l’histoire
de l’art, la politique et la philosophie, elle a voulu
développer une pratique artistique stable dans un
esprit multidisciplinaire et international.
Pour définir son vocabulaire et sa méthode
de travail, la chorégraphe a d’abord fondé
la Compagnie De Brune en 1992. « J’aime explorer,
mais en création je pense que cela va de soi. J’ai
surtout voulu savoir ce qu’était un bras, un
mouvement, une main, la verticalité, comment créer
du langage en danse », explique Gaudreau, qui ne se
considère pas comme une chorégraphe cherchant
l’innovation à tout prix.
Contrairement à bien des chorégraphes, Gaudreau
n’a pas dansé pour d’autres, d’où
sa disponibilité à saisir le matériau
anatomique comme un langage neuf. Son langage chorégraphique
ne s’appuie pas sur des figures ni des phrasés
de mouvement, mais sur des séries. « J’ai
commencé sans dramaturgie, en m’intéressant
uniquement au mouvement. Je travaille toujours un mouvement
à la fois, des unités anatomiques de mouvement,
sans hiérarchie. Le sens ne vient pas de la chose
en tant que telle, mais du complexe dans lequel on la voit.
Mon approche est froide. Je ne pars pas de ce que j’aurais
à dire, mais de ce qui se génère comme
sens en le faisant. J’ai développé un
système sériel pour créer du mouvement
», dit-elle.
Dans son travail récent, elle continue l’analyse
du langage. « J’ai développé un
alphabet, mouvement 1, mouvement 2, mouvement 3,…
Outre ma propre idiosyncrasie d’artiste, j’ai
une méthode systémique qui fait en sorte que
les choses reviennent malgré moi. C’est une
qualité, une précision, une rythmique. Je
ne fais aucune improvisation. Tout est organisé,
écrit. » Générer un vocabulaire
consiste à mettre de l’ordre dans le chaos.
La chorégraphe entend bien réfléchir
encore sur la danse.
Source : (Extraits) Dance Current, Mai 2006
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