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Chères et chers membres,
Pour vous réchauffer avant le rendez-vous organisé ce mercredi
par Culture Montréal et le Conseil des arts de Montréal,
il nous fait plaisir de vous transmettre cette lettre cosignée par
les deux ministres de la culture du Québec et de l’Ontario, mesdames
Aileen Carroll et Christine St-Pierre.
Rappel :
À Montréal
LE MERCREDI 27 AOÛT 2008, À 10 H 30,
à la Société des arts technologiques
1195, boul. Saint-Laurent.
À Québec :
Organisé par le Mouvement pour les arts et des lettres
le mercredi 3 septembre 2008, en fin de matinée.
(Heure et lieu à confirmer)
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AILEEN CARROLL
AND CHRISTINE ST-PIERRE
En tant que ministres responsables de la culture en Ontario et au
Québec,
nous souhaitons faire part de notre profonde déception en regard
des récentes abolitions de programmes fédéraux de subvention
des arts et de la culture. Ce faisant, nous joignons nos voix à celles
d’innombrables artistes et organismes artistiques canadiens qui ont
publiquement exprimé leur vive inquiétude.
Nous savons qu’au moins sept programmes qui fournissaient un soutien
essentiel au secteur culturel du Canada ont déjà été touchés
par ces compressions. Nous venons également d’apprendre que
le gouvernement fédéral entend poursuivre sur cette voie malavisée
en abolissant ou en réduisant radicalement les budgets de programmes
essentiels.
Nos artistes contribuent de manière unique, importante et nécessaire
au développement culturel, social, économique et politique
de notre société dynamique. Ils sont les ambassadeurs qui
font rayonner notre culture tant à l’étranger qu’au
pays. L’excellence et l’originalité de leur travail témoignent
de la modernité, du dynamisme et de la vitalité de notre pays
devant le monde entier. Les artistes constituent le moteur créatif
de notre économie axée sur le savoir.
Le secteur de la culture joue un rôle vital dans l’économie
canadienne. La contribution combinée du secteur culturel aux PIB
du Québec et de l’Ontario s’élève à près
de 30 milliards de dollars, ce qui représente 68 % de la contribution
de la culture à l’échelle nationale. De plus, ce secteur
emploie environ 616 000 personnes au pays, dont 68 % sont établies
au Québec et en Ontario.
La culture constitue l’un des secteurs économiques qui connaissent
la plus forte croissance au Canada. Les avantages qui en découlent
comprennent la croissance et la diversification du tourisme et des économies
locales ainsi que le perfectionnement des compétences au profit de
l’économie du savoir. Le fait d’investir dans notre talent
qui se produit sur la scène internationale encourage les investissements étrangers,
ouvre de nouveaux marchés à l’exportation et fait la
promotion de notre pays en tant que destination touristique culturelle.
Fait non moins essentiel, la culture nous permet de nous définir
en tant que nation, raconte notre parcours et indique notre orientation.
La culture est un ingrédient essentiel à la cohésion
de notre société et à la promotion de notre identité.
Ce n’est pas le moment de réduire le financement de la culture
pour le gouvernement fédéral. Les gouvernements doivent investir
dans les gens et les entreprises qui forment nos industries culturelles
de sorte que l’économie du Canada en récolte les avantages.
Les gouvernements du Québec et de l’Ontario en sont conscients
et prévoient investir dans le secteur de la culture pour générer
une croissance future de notre économie. Dans le contexte de la mondialisation,
le moment est venu pour chaque province de faire connaître la culture
canadienne. Nos gouvernements reconnaissent que la culture a un pouvoir
dans la conduite des affaires internationales, qui sont essentielles
pour un pays comme le Canada.
En supprimant ces programmes fédéraux, sans avis ni consultation,
le gouvernement fédéral met en danger l’avenir d’organismes
et d’événements dans l’ensemble du pays. Ces programmes,
principalement destinés au développement international, au
cinéma, à la vidéo et aux nouveaux médias, complétaient
les programmes québécois et ontariens dans les secteurs prioritaires.
Ils font la promotion de nos artistes à l’étranger et
appuient le travail d’institutions prestigieuses comme la Société des
arts technologiques et l’Institut national de l’image et du
son, Hot Docs et le Centre canadien du film. Ces suppressions compromettront
des années de travail de la part d’organismes, d’artistes
et de gouvernements pour faire de la culture un secteur d’excellence
reconnu partout dans le monde.
Pour renforcer l’économie et placer le Canada sur la scène
internationale, nous devrons travailler ensemble. Le Québec et l’Ontario
aborderont la question à la rencontre des ministres fédéral,
provinciaux et territoriaux responsables de la culture et du patrimoine
qui se tiendra les 25 et 26 septembre à Québec. Nous espérons
que nos collègues de partout au Canada se joindront à nous
pour exhorter le gouvernement fédéral à réinstaurer
ces programmes et à relancer le financement fédéral
dans les arts et la culture. Nous avons toutes deux demandé à rencontrer
la ministre du Patrimoine canadien, Josée Verner, afin de travailler
ensemble pour que les arts et la culture canadiens continuent de contribuer
largement au développement de notre société créative, à notre
diversité économique et à notre prospérité future.
C’est une chose de revoir les programmes pour s’assurer que
le financement va vraiment à ceux qui en ont besoin; c’est
tout autre chose d’abolir un programme entier à cause d’une
aversion idéologique pour quelques idées.
Aileen Carroll est ministre de la Culture et ministre déléguée
aux Affaires des personnes âgées de l’Ontario.Christine
St-Pierre est ministre de la Culture, des Communications et de la Condition
féminine du Québec.
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