Soirée de performances - Rencontre Interuniversitaire De Performance Actuelle (RIPA)

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  • © Jonathan Roy - Rose De la Riva, performance, RIPA 2016

Pour sa sixième édition, la RIPA – rencontre interuniversitaire de performance actuelle est fière de présenter neuf projets d’artistes de la relève, en plus de celui de k. g. Guttman, qui œuvre cette année à titre d’artiste invitée.

La programmation 2017, réalisée en coproduction avec Eastern Bloc, propose ainsi les performances des artistes Gabriel Beck (Concordia), en collaboration avec Brice Noeser (MTL); Francisco Gonzalez-Rosas (Concordia) avec Evan Magoni (MTL); Alexandria Inkster (University of Calgary); Alexis Langevin-Tétrault (UdeM); Manoushka Larouche (UQAM); Isabella Leone, Lucy Earle et Leyla Sutherland (Concordia); Michael Martini (Concordia) et Callan Ponsford (Concordia); Mai Bach-Ngoc Nguyen (ULaval); et François Rioux (UQAM).

Les performances, présentées dans des formats de courte et de longue durée, se dérouleront dans trois salles distinctes en simultané, invitant ainsi le public à circuler à sa guise tout au long de la soirée. Cette mise en espace participera à créer une contamination des performances entre elles et à briser l’effet de succession afin de démultiplier les possibilités. Les artistes mettront en place des réflexions variées, qui laisseront apparaître des thèmes récurrents au cours de la soirée. Parmi ceux-ci, mentionnons notamment les questions des relations de pouvoir des limites du geste performatif et de son impact sur l’objet, ou encore, de la conscience de soi et de l’autre dans l’espace de la performance, qu’elle prenne la forme d’une action directe ou d’une infiltration.
La soirée se terminera avec une prestation de la DJ invitée, Tignasse

5,50 $ en prévente (Eventbrite), 8 $ à la porte

Artistes programmés: 

Michael Martini et Callan Ponsford sont deux artistes provenant de différents horizons : le dessin et la performance. À travers leur collaboration, ils participent à chacune de leurs méthodes de recherche dans le but de trouver un terrain de rencontre artistique. Ces méthodes incluent le dessin improvisé et la performance dans des espaces trouvés. Dans leur recherche, ils étudient les intersections de leurs domaines à travers les relations du corps à l’image, particulièrement en produisant des images, tel que dans le « mark-making ». En utilisant leur corps dans la performance, ils, en tant qu’hommes cisgenres homosexuels, mettent en avant le corps masculin comme sujet.

Nous pourrions consentir que Manoushka Larouche est constituée de deux individus fictifs de la littérature d’Europe de l’Est du 19e siècle – potentiellement de l’Ukraine – dont l’origine demeure énigmatique. Cependant, sa formule est relative à son contexte. Ainsi, son apparition nominale peut prendre la forme de Manuška, Manuska, Manouchka, Manushka, Manouchka, Manoushka. Ce qui rend ces variations analogues réside dans son énonciation : [manuʂka]. À toute fin pratique, nous nous en tiendrons à l’Europe de l’Est – ce lieu entre l’orient et l’occident. 

Par l'installation de divers objets et l'improvisation forcée, les thèmes de la dualité identitaire et ethnique en viennent toujours à ponctuer et à alimenter les performances de l'artiste québécoise vietnamienne Mai Thi Bach-Ngoc Nguyen. C'est par une constante revendication du médium de la performance que l'artiste jette une invitation physique à créer une poésie non-destructrice où les métaphores et les maux de l'âme y ont leur place. Il est peut-être juste de décrire l'art comme étant l'une des seules façons que cette poète visuelle ait trouvées pour transcender la dichotomie de son quotidien et de ses questionnements sans fin.

Isabella Leone, Lucy Earle et Leyla Sutherland créent des œuvres à l’intersection du théâtre, de la danse et de l’art performance. Leur pratique est guidée par une attention envers l’expérimentation de la forme et l’événement de performance, tandis qu’elles jouent avec le tissage de qualités ou de caractéristiques d’autres disciplines au sein du domaine des arts vivants. Leone, Earle et Sutherland s’intéressent aux dialogues qui surgissent de l’appariement de différentes disciplines de l’art et de la pensée, posant la question de comment utiliser les méthodologies d’une forme particulière pour en créer une autre. Leur procédé utilise l’espace et l’image comme points de départ, avec une attention spécifique à la composition visuelle. Elles travaillent au moyen d’une approche horizontale du design, du langage, du mouvement et du personnage.    

Gabriel Beck élabore sa démarche artistique en questionnant les rapports de force qui régissent la société et tout particulièrement ceux qui structurent la relation à l’œuvre d’art. Qu’est-ce que le 4e mur si ce n’est un dispositif qui impose systématiquement la relation d’objet à sujet quelle que soit la nature de l’œuvre d’art ? Comment alors se positionner vis-à-vis d'une société qui produit, depuis son industrialisation, le « sujet spectateur » implicitement fondé sur un regard exclusif, qui juge et consomme ? À chaque instant, les conditions qui régulent les rapports de pouvoir dans la perception de l’œuvre sont questionnées. Beck révèle, dans ses performances, une gouvernance collective unique dont les limites ne dépendent que des participants. Et Brice Noeser œuvre depuis dix ans comme artiste en danse contemporaine. En s'intéressant à la notion de langage et en mettant en œuvre des dispositifs de jeux, Brice Noeser s'attache à l'exploration de diverses formes de représentations et à différents rôles qu'il occupe dans des projets de danse, de théâtre, de séminaires de réflexions ou encore de performance.

François Rioux s’intéresse, entre autres, aux pratiques qui rendent le réel si performant.

Francisco Gonzalez-Rosas est un artiste chilien qui travaille à l’entrecroisement de l’art médiatique et de la performance. Après avoir obtenu un baccalauréat en interprétation, sa pratique s’est développée en combinant le théâtre, la vidéo et des sources numériques au sein de spectacles individuels et d’expériences collectives avec des artistes de différents horizons. Actuellement, son travail se situe à l’intersection du son, de la vidéo et de la performance, et explore différentes questions autour de la représentation identitaire, du genre, de la race, et de la sexualité ; et vise à cerner, plus précisément, comment ces représentations sont liées à la technologie et aux médias numériques. Son travail a été exposé en Asie et en Amérique du Nord et du Sud.

Alexis Langevin-Tétrault est un compositeur et un artiste de performance montréalais. Il a participé à la fondation de différents projets de musiques électroacoustiques et électroniques dont QUADr, Falaises, BetaFeed, Alexeï Kawolski et Recepteurz. Ses œuvres se caractérisent par l’utilisation approfondie des technologies audionumériques, par la conception méticuleuse de sons de synthèse, par une exploration du timbre sonore ainsi que par une réflexion conceptuelle. À travers sa pratique, il cherche à témoigner d'une vision ré-enchantée et proactive du monde actuel. Il s’intéresse aux stratégies d’incarnation du son et de la musique (embodiment), aux affects du son, à la rigueur du micro-montage et des articulations, ainsi qu'à la gestion de l'espace comme élément du discours musical.

Alexandria Inkster se livre majoritairement à faire, concevoir ou vivre l’art performance dans l’une ou l’autre de ses nombreuses formes nuancées. Périodiquement, le résultat de sa pratique implique des collaborateurs matériels tels que des sculptures-objets-choses trouvés ou fabriqués, ou des éléments d’installation. À travers sa pratique, elle explore les glissements relationnels – matériel, interpersonnel, psychologique, et/ou perceptuel. Au moyen de conceptions de l’empathie, de l’intimité, du jeu, et de la pensée magique, performées et expérimentées dans la vulnérabilité et la subversion, sa recherche-création examine des manières alternatives d’habiter ces mondes communs qui se chevauchent.

k.g. Guttman est une artiste, éducatrice et candidate de recherche dans le programme PhDArts de l'Université de Leiden et la Royal Academy of Art à La Haye, aux Pays-Bas. Son travail, financé par le Conseil de recherche en sciences humaines (CRSH), considère le discours sur le colonialisme, la pratique chorégraphique et les interventions in-situ. De 2008 à 2013, k.g. occupait le poste de professeure adjointe au Département de danse contemporaine à l'Université Concordia, Montréal.

 

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