Représentation et concertation | Le 11 janvier 2018 - La lettre de Fabienne Cabado

Nous en 2018

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Fabienne Cabado © Adrienne Surprenant

Une chroniqueuse à la radio suggérait récemment de formuler des intentions plutôt que des résolutions pour la nouvelle année. Je l’ai trouvée bien avisée. Car on a beau entamer un nouveau cycle, on continue de traîner les casseroles dont on aimerait se départir et les montagnes à gravir pour accomplir nos missions n’en sont pas moins hautes ou moins abruptes. Les défis à relever pour le milieu de la danse appellent à la mobilisation de nos forces vives, à une solidarité fondée sur la recherche du bien commun.

L’an dernier à pareille date, je prônais les prises de pouvoir individuelles et collectives pour améliorer notre sort. Et grâce aux efforts conjugués des communautés artistiques, quelques millions ont pu être ajoutés au budget du Conseil des arts et des lettres du Québec, des actions ont été entreprises pour lutter contre les violences psychologiques et sexuelles et contre l’exclusion des personnes racisées, et le projet de Politique québécoise de la culture s’est enrichi de recommandations pour l’amélioration des conditions socioéconomiques des artistes et des travailleurs culturels. Quelques pas dans le bon sens ont ainsi été faits. Ceci dit, il reste bien du pain sur la planche pour 2018 et on manque encore de beurre à mettre dans nos épinards.

De fait, la précarité demeure insoutenable pour la plupart des acteurs du milieu de la danse. Mieux vaut, dit-on, ne pas trop en parler. Parce qu’elle n’est pas sexy et qu’elle brosse un portrait misérabiliste des milieux artistiques. Pourtant… Elle est bien réelle et donne lieu à toutes sortes de dysfonctionnements. En plus de limiter le développement disciplinaire et d'épuiser les individus, elle érode la confiance. Elle attise les rancœurs et les tensions. Elle nuit à la cohésion de notre communauté en favorisant la création de factions et en générant même parfois de faux débats. C’est elle qu’il nous faut combattre en premier lieu et avec la plus grande ardeur. C’est à elle qu’il nous faut résister en priorité.

C’est entre autres pour cela que le RQD a été fondé il y a plus de 30 ans. C’est vous, ses membres, qui transformez sa vision et guidez ses actions au fil du temps. C’est de votre engagement qu’il tire sa force. Grâce à vous et grâce au dévouement de ses équipes successives, il a déjà soulevé quelques montagnes. Ensemble, faisons en sorte qu’en 2018, il accomplisse quelques petits miracles.

 

Fabienne Cabado
Directrice générale du Regroupement québécois de la danse

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