Les échos du milieu | Le 8 novembre 2017 - Par Jamie Wright et Lük Fleury

Messages des coprésidents du RQD

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Jamie Wright et Lük Fleury, coprésidents du RQD © Andréa de Keijzer

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Aller de l’avant 

Par Jamie Wright

Dans ce premier texte, je souhaitais aborder un sujet en particulier, mais ne précipitons pas les choses. Je commencerais donc par parler de l’élection de Valérie Plante, cette femme inspirante de 43 ans maintenant à la tête de Montréal. Elle est la preuve que nos votes peuvent faire une différence, et je lui adresse tous mes vœux de succès dans son nouveau poste.

Nous vivons une époque de grands bouleversements; les transformations dans les mœurs sociétales nous obligent à examiner nos comportements au microscope. L’ignorance n’est plus une excuse suffisante. Le statu quo n’est plus aussi statu quo.

La discipline de la danse professionnelle n’est pas à l’abri de ces changements. La culture du silence archaïque implose doucement, mais sûrement. Mais il est de notre devoir de continuer à parler ouvertement, avec courage et une bonne dose de conscience de soi, afin de construire des environnements de travail sécuritaires où les limites personnelles et professionnelles sont toujours respectées.

En tant que coprésidente du RQD, je m’engage à rester à l’écoute de tous les enjeux/propositions portés à mon attention, et de les transmettre au conseil d’administration. D’ici là, mes priorités sont les suivantes: les pourparlers en cours avec l’UDA, les enjeux de harcèlement et d’abus de pouvoir au travail, la précarité financière comme facteur de stress majeur pouvant engendrer des communications stériles parfois agressives, l’appropriation culturelle vs l’appréciation culturelle, l’élargissement du membership pour mieux refléter l’évolution des pratiques professionnelles, et la liste continue.

Je ne dirige peut-être pas une grande métropole, mais je suis une femme de 42 ans à la coprésidence du conseil d’administration du RQD. Je me lance dans cette aventure avec beaucoup d’enthousiasme. L'organisation tire sa force de ses membres et doit toujours se rapporter à son CA dans un souci de transparence de la gouvernance. Une bonne gouvernance signifie également être ouvert à la critique constructive, rester à l’écoute de toutes les parties prenantes, puis agir en conséquence.

Allons-y.
 

Jamie Wright
Interprète, enseignante et directrice des répétitions
Coprésidente

 

 

 

Ouverture et collégialité

Par Lük Fleury

La danse est entrée dans ma vie par un concours de circonstances. En levant la main, en septembre 1982, dans mon cours de français en secondaire 1. Devant moi, la professeure – dont le mari était directeur d’une troupe de folklore québécois – demandait encore cette année-là: il y a toujours des filles qui veulent danser, mais les garçons, c’est rare, alors je me risque à le demander, parmi vous, y en a-t-il un intéressé? Le vendredi suivant, soir de répétition chez les Loup-Garous, j’ai commencé à giguer. Timide à l’époque, c’est comme si j’avais pour la première fois le droit de faire du bruit. Oh, la révélation, qu’elle fut magique!

J’œuvre depuis presque vingt ans à développer le mouvement de la gigue contemporaine, aux côtés d’une vingtaine de chorégraphes, afin que cette langue des pieds puisse traverser le XXIe siècle. Persévérance et collégialité sont au cœur de mon implication à faire valoir la danse de manière significative au sein de la société québécoise. Mon implication des deux dernières années au conseil d’administration du RQD, et maintenant comme coprésident, élargit cette volonté de valoriser un art qui m’habite viscéralement. 

À mes yeux, cette nouvelle coprésidence avec Jamie Wright est significative dans l’évolution du RQD. Elle s’inscrit sous le signe de la diversité, linguistique et artistique. Comme diront plusieurs, c’est un statement en faveur de l’ouverture et de l’inclusion. De plus, cette coprésidence est en étroite filiation avec l’esprit de collaboration et la gestion collégiale qu’impulse la directrice générale, Fabienne Cabado.

Voilà une belle opportunité de bâtir des ponts, susciter les débats et lever le voile sur des zones d’ombre. Bâtir des ponts avec la diversité culturelle, les différentes pratiques en danse et la communauté anglophone. Susciter les débats autour de plusieurs enjeux : le financement public, les successions, le partage de la richesse, l’assistance aux spectacles, le partage des ressources, la carrière artistique, la syndicalisation, la valorisation des gestionnaires. Lever des zones d’ombre sur l’appropriation culturelle, le racisme et le harcèlement. Se mobiliser pour échafauder de nouveaux rapports, plus justes, plus respectueux et en harmonie avec une fraternité qui porte en elle l’amour de la danse. 

Un esprit d’entraide et de collégialité se manifeste avec de plus en plus de vigueur, avec éloquence même. C’est porteur d’espoirs.

Lük Fleury
Directeur général et artistique de la BIGICO, diffuseur spécialisé en gigue contemporaine
Coprésident

 

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