En développement professionnel | Le 23 mars 2017

L’enseignement de la classe technique: un acte de création

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Classe technique d'Alanna Kraaijeveld © Dominique Bouchard

Lundi 13 mars, le Département de danse de l’UQAM, en collaboration avec le RQD, tenait une soirée publique sur le thème de l’enseignement de la classe technique en danse contemporaine, animée par Manon Levac et Johanna Biennaise. Pour tous les intervenants de la soirée, enseigner est un acte d’engagement avec une part significative de création, nourrie par les échanges entre l’enseignant et les participants des classes.

Manon Levac et Johanna Biennaise ont présenté les premiers résultats de leur étude La classe technique en danse contemporaine au Québec: formation des jeunes danseurs et exigences de la création chorégraphique contemporaine. Basée entre autres sur l’analyse d’entrevues réalisées avec des chorégraphes, des enseignants et des interprètes travaillant au Québec, cette recherche cerne les conceptions et les pratiques relatives aux classes techniques offertes dans la formation des danseurs contemporains au Québec aujourd’hui et examine leur cohérence quant aux besoins actuels des danseurs professionnels en processus de création.

Pour accompagner ces réflexions et répondre aux questions du public, trois artistes enseignant la danse contemporaine ont partagé leur approche autour d’une table ronde axée sur la création, la constitution des classes techniques et le processus de création du matériel chorégraphique transmis dans une classe. La transmission et le rapport à l’autre ont constitué la trame de leurs échanges.

La méthode de composition de Jean-François Légaré esquisse de nombreux concepts et images à développer dans la classe, ce qui permet à l’interprète d’atteindre un état d’euphorie favorable au déploiement de sa créativité. Pour générer le matériel pédagogique à transmettre, Jean-François Légaré sélectionne des séquences de mouvements en s’inspirant de styles et de propositions dont les danseurs ont besoin pour répondre aux exigences actuelles de la création montréalaise. S’il dresse des grandes lignes paramétrant son travail, il adapte toujours son enseignement en fonction du contexte dans lequel il est appelé à intervenir. 

Maryse Damecour considère quant à elle l’enseignement comme une création et un acte intime et relationnel où l’on développe bienveillance et confiance. Elle veut créer un lien avec l’environnement et le public et souhaite atteindre un état de flow durant lequel on ne voit pas le temps passer. Maryse Damecour aspire à reconnecter le cognitif et le corporel à travers son enseignement.

Pour Angélique Willkie, troisième intervenante de cette table ronde, l’enseignement est également un acte de création, intimement lié à la notion de partage. Il exprime l’articulation intuitive de ses envies et lui permet de se découvrir à travers les propositions qu’elle véhicule aux artistes qui prennent part à ses classes. Angélique Willkie est constamment stimulée par ce qui se passe dans le corps de l’autre et ce qu’elle peut lui offrir afin de l’amener à trouver ses propres propositions de mouvement. Son enseignement ne part pas de règles, mais d’expériences, dont l’artiste s’inspire pour ensuite construire les siennes. Le contact avec les autres artistes en classe l’amène sans cesse à se dépasser et à devenir meilleure.

Dans le cadre de sa maîtrise en danse sur la mise en jeu de la relation à la gravité en classe technique contemporaine, Sandrine Vachon, interprète, répétitrice et chorégraphe enseignant la danse contemporaine depuis 13 ans, a d’autre part partagé ses réflexions sur le sujet, constatant que la gravité révèle non seulement une certaine vision de la technique, mais plus largement de la danse, de l’art, du corps et du rapport au monde qu’elle sous-tend. 

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