L'avez-vous vu passer ? | Le 7 décembre 2012

De bonnes nouvelles pour le patrimoine en danse!

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Paul-André Fortier et Guy Berthiaume signant l'entente scellant l'acquisition par BAnQ du fonds d’archives du chorégraphe Paul-André Fortier

La discipline de la danse au Québec a atteint un seuil de maturité qui fait en sorte que l’enjeu de son patrimoine est désormais au cœur des préoccupations. Si cet enjeu suppose la réunion de nombreuses conditions, il n’en demeure pas moins que cette semaine nous avions toutes les raisons de nous réjouir de deux réalisations concrètes. Celles-ci sont le résultat d’un réel partenariat entre Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) et des professionnels de la danse, dont Paul-André Fortier.

Pour en savoir plus, consultez les communiqués émis, le 6 décembre 2012, par :

 

Voici l’allocution de Lorraine Hébert, directrice générale du RQD, prononcée au Centre d’archives de Montréal, à l’occasion de l’annonce du legs du fonds d’archives du chorégraphe Paul-André Fortier à BAnQ :

« Monsieur le président-directeur général de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, madame la directrice générale des centres d’archives, cher Paul-André Fortier, et chers membres du comité chargé de produire un guide d’archivage dédié aux compagnies de danse.

Permettez-moi de vous remercier très chaleureusement. En mon nom, bien sûr, mais surtout au nom du président du RQD et du président de la Fondation Jean-Pierre Perreault, Marc Boivin, qui aurait su bien mieux que moi vous parler d’une cause qui lui tient très à cœur.

Nommons cette cause, élaborée dans le Plan directeur de la danse professionnelle au Québec 2011-2021, et d’ores et déjà bien entendue entre nous : constituer et mettre en valeur un patrimoine extraordinairement riche et singulier, celui de la danse québécoise, et de telle sorte qu’il vienne combler cette part manquante au patrimoine culturel du Québec.

Votre apport à vous tous, aujourd’hui, est donc loin d’être anodin. La danse, qui a maintenant l’âge de la maturité, rencontre la responsabilité impérieuse de se raconter, ou qu’on puisse la raconter et la transmettre à d’autres, en long et en large et significativement. Elle veut que ses récits de vie, ses condensés de savoirs et savoir-faire en recherche, création, enseignement, ses lectures et interprétations du monde et de la société, du point de vue qui est le sien, fassent partie du domaine public, du bien commun.

Non, la danse ne peut plus, avec tout ce qu’elle a découvert et appris sur elle-même et sur l’état du corps et de son rapport au monde depuis autant d’années, se contenter d’un statut d’art éphémère sous prétexte que ses manifestations scéniques le soient. La danse laisse des traces, dans le corps et la mémoire du danseur et du spectateur ; la danse engendre des œuvres qui deviennent, avec les années, corpus d’œuvres ; la danse donne vitalité et grandeur d’âme à ceux qui l’apprennent, la pratiquent, ou en appliquent les savoirs dans d’autres champs d’activités reliés au corps. La danse détient des savoirs inouïs qu’elle veut enfin pouvoir partager.

Et pour parler plus concrètement, prenons un exemple de circonstance, celui du chorégraphe Paul-André Fortier qui, aujourd’hui, après quelques années de travail consacré à rassembler les pièces à conviction d’une longue trajectoire d’artiste en danse contemporaine, dépose son legs aux côtés de celui d’une Françoise Riopelle, d’un Fernand Nault, d’une Martine Epoque, d’un Jean-Pierre Perreault, ou du FIND. Quel trésor d’enseignements enfin rapatriés en un même lieu, bien qu’il nous faille admettre que ce ne soit là qu’une petite portion, mais non la moindre, du patrimoine à reconstituer et léguer.

Cette cause que nous partageons, et dont nous célébrons entre nous aujourd’hui, les avancées, donne élan et vertige. Il y a tant à faire dans l’ordre et dans le temps, individuellement et collectivement, comme milieu et avec d’autres milieux qui détiennent des savoirs et des expertises, voire des moyens et des ressources dont la danse ne dispose pas. Pas encore !

C’est encore toi, Paul-André qui, soucieux que d’autres profitent de son expérience, a convaincu des membres de l’équipe de BAnQ de s’attaquer, avec des professionnels de la danse et du domaine archivistique, à la production d’un guide qui permettra enfin de nommer les choses par leur nom : les tâches et les étapes à suivre, les unes après les autres, l’archivage étant une chose, la documentation, une autre, la question du droit d’auteur encore une autre et celle de la mise en valeur, une toute autre chose : l’aboutissement d’une application méthodique de tout ce qui précède.

J’aimerais nommer les personnes qui font partie de ce comité, histoire de les encourager à poursuivre vaillamment leurs travaux dont profiteront d’ici peu un large ensemble. Merci à Hélène Charbonneau, Daniel Ducharme, Hélène Fortier, Sylvie Gignac, Marie-Josée Lecours, Nancy Marrelli, Johanne Mont-Redon, Manon Oligny, Thérèse Rowat, Cloé St-Germain et Gilles Savary.

Ce guide très attendu constituera la pierre angulaire du travail que tous nous seront appelés à effectuer dans nos organisations ou à notre propre compte. On imagine déjà le travail à faire en amont et en aval pour que ce guide puisse bien jouer son rôle de soutien et de référence. Permettez-moi  de dire que ce guide sera d’autant plus utile et utilisé s’il s’accompagne d’un plan d’action adapté aux réalités organisationnelles de la danse professionnelle au Québec. Ce qui rend pressante, et incontournable, la réalisation d’un état de situation.

Paul-André, tu as bien raison de dire que la constitution et la mise en valeur du patrimoine de la danse est une responsabilité partagée. Tu penses bien sûr aux acteurs de la communauté de la danse, aux institutions universitaires et archivistiques, aux pouvoirs publics et aux instances subventionnaires. Marc Boivin, s’il était avec nous, tiendrait exactement le même discours. »

 

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