Représentation et concertation | Le 23 janvier 2015

Conseil des arts du Canada: de profondes transformations en vue!

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Simon Brault et Nathalie Bondil © Le Devoir

Cette semaine, le Conseil des arts du Canada (CAC) tenait son assemblée publique annuelle. C’était l’occasion pour Simon Brault et Nathalie Bondil d’y faire leur première allocution à titre de directeur et chef de la direction du CAC ainsi que de vice-présidente du conseil d’administration.

Disponibles en ligne, tout comme celle de la ministre du Patrimoine canadien et des langues officielles, l’Honorable Shelly Glover, ces allocutions donnent accès aux principes et aux valeurs qui sous-tendent l’exercice de « refondation » en cours au CAC. La transformation la plus spectaculaire consiste à ramener à une dizaine de grands programmes nationaux non disciplinaires les 142 programmes existants. Cette refonte permettra d’alléger le processus administratif auquel les artistes et les organismes doivent se plier pour avoir accès aux subventions publiques. Du même coup, seront adaptés, ou simplifiés, les codes et les exigences en fonction d’une meilleure ouverture à la diversité artistique et culturelle. À cet effet, les travaux sont déjà engagés en vue de doter le CAC d’un système de gestion informatique qui modifiera également, et en substance, le travail des agents de programmes et des comités de pairs.

Cette refonte annonce aussi, et surtout, plus fondamentalement, un changement dans les processus d’évaluation des demandes, voire dans les modes de répartition des crédits. Quant à la composition de ces comités, force est de comprendre qu’ils ne seront plus, ou strictement, disciplinaires. Plus largement, l’organisation par services disciplinaires pourrait disparaître. Tout un changement de culture!

À cet égard, Roger Gaudet, directeur de la Division des disciplines artistiques du CAC, publie un billet qui résume les grandes lignes de cette restructuration. À lire avec attention!

À cette étape-ci de la réflexion, et à la lumière des informations disponibles, les questions se bousculent. Comment pourra-t-on mesurer l’excellence, qui demeure le critère des critères, dans une nouvelle structure qui abolie les références disciplinaires? L’abolition de ces cloisons repose sur le constat que les grands enjeux seraient les mêmes pour tous. Et si les solutions à des enjeux communs d’excellence, de compétitivité, d’accessibilité, de rayonnement, d’équité intergénérationnelle et d’engagement envers les publics, étaient indissociables des conditions et des exigences propres à chaque discipline? En d’autres termes : des moyens et des ressources disponibles, des cultures et des histoires qui la constituent dans ses rapports à la société et au monde.

Dans un autre ordre d’idée, comment le CAC dans cette nouvelle structure réussira-t-il à préserver ce qui fait sa force et sa distinction : sa connaissance fine des différents milieux et ses capacités à intervenir de manière judicieuse dans leur développement et leur structuration. Faut-il craindre, dans le changement de culture annoncé, la disparition des divisions disciplinaires? Espérons que non!

Ces questions, parmi bien d’autres, trouveront progressivement leurs réponses au cours des prochains mois, l’équipe du CAC étant à pied d’œuvre et promettant de rendre public des résultats d’étapes en juin 2015. Pour avoir une meilleure idée du projet de refonte en cours et qui devrait tomber en place en 2017, le modèle du Conseil des arts de l’Australie, auquel Simon Brault a référé lors de son allocution, se trouve ici.

Rappelons que le Service de la danse effectue actuellement une série de consultations avec les communautés de la danse au Canada. Ce lundi, il sera à Montréal pour prendre le pouls des acteurs concernés par la révision du programme Services de soutien au milieu de la danse. Ce programme a rendu possible, et avec peu de moyens, la création de modèles d’organisation et de services adaptés aux réalités et aux besoins d’un secteur dont l’écologie reste fragile, en dépit du dynamisme, de la créativité et de la solidarité qui l’animent. Espérons qu’il trouvera sa place dans la nouvelle architecture des programmes du CAC.

Le RQD, avec bien d’autres acteurs de la danse, participera à cette rencontre et, évidemment, suivra activement l’évolution des travaux du CAC.

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