Représentation et concertation | Le 22 juin 2017

Augmentation du budget du CALQ: Insatisfaction, incompréhension et perspectives

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Luc Fortin, ministre de la Culture et des Communications du Québec, Archives Le Progrès-Dimanche © Mariane L. St-Gelais, La Presse

Il y a eu ce galvanisant rassemblement du 24 avril où quelque 500 personnes réclamaient 40 millions de plus pour les programmes de base du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ). Il y a eu, dans la foulée, ce vote unanime des députés pour l’augmentation rapide du budget du CALQ et cet engagement du ministre Luc Fortin à dégager une marge de manœuvre pour ce faire. Il y a eu, à la mi-mai, cette lettre ouverte qui affichait la même demande appuyée par plus de 3700 signataires. Il y a eu, au même moment, l’ouverture d’un dialogue encourageant avec le ministère de la Culture et des Communications (MCC). Et puis, il y a eu, le 17 juin, l’annonce d’une augmentation qui a déçu toutes les attentes: 4 millions seulement d’argent frais et une enveloppe ponctuelle de 5 millions rendue récurrente. De cette manne attribuée l’an dernier pour 5 ans à la création jeune public, 1,7 million seulement sera désormais garanti pour les projets dédiés à la jeunesse, le CALQ ayant toute latitude pour l’utilisation des 3,3 millions restants. Comment prendre la nouvelle?

Même s’il faut bien reconnaître qu’un effort a été fait par le MCC, ce qu’il qualifie de «premier pas» est «un pas trop court», comme le titrait le communiqué de presse du Mouvement pour les arts et les lettres dont fait partie le Regroupement québécois de la danse (RQD). Le geste est en effet très insuffisant en regard des besoins criants de milieux artistiques en perpétuelle croissance démographique et en ébullition créative contrariée par un sous-financement chronique. Usés par la précarité grandissante, artistes et travailleurs culturels ont très mal accueilli la nouvelle, se sentant floués et incompris. Cette incompréhension, la directrice générale du RQD l’a soulignée dans une entrevue qu’elle donnait à titre de porte-parole du Mouvement, insistant sur la nécessité pour la classe politique de transformer son regard sur les arts et de leur accorder la reconnaissance et la place qu’ils méritent dans l’économie et dans l’écologie globale de la société québécoise.

De fait, on comprend mal comment le CALQ a pu être oublié du budget Leitão en cette année cruciale où il décide des montants des subventions de fonctionnement des organismes culturels pour les quatre prochaines années tout en choisissant de consacrer 25% des crédits dont il dispose pour ce faire à de nouveaux joueurs. On comprend également mal que le budget du MCC ne soit pas plus généreusement augmenté et que sa marge de manœuvre soit si étroite alors qu’on vient tout juste de nous annoncer un surplus de 2,5 milliards pour 2016-2017 – une somme 10 fois supérieure à ce qui était prévu. Et si l’on applaudit les investissements dans la réfection de théâtres et la création de lieux comme le Wilder, on rappelle que 26% des crédits budgétaires du MCC servent au remboursement de la dette, que les infrastructures sont des services offerts aux citoyens et qu’il ne compensent en rien les besoins de soutien direct aux artistes et aux travailleurs culturels.

Dans ce contexte, le RQD et les autres organismes membres du Mouvement pour les arts et les lettres réitèrent la demande de puiser dans le Fonds de suppléance du gouvernement pour bonifier dès à présent cette première augmentation du budget du CALQ. Ils fondent par ailleurs beaucoup d’espoirs sur les investissements que pourrait permettre la mise en œuvre de la nouvelle Politique culturelle et sur une collaboration avec le MCC pour l’évaluation conjointe des besoins de crédits supplémentaires au CALQ. Quatre représentants du Mouvement, parmi lesquels Fabienne Cabado, viennent d’ailleurs d’obtenir la confirmation d’un RDV prochain avec le ministre Luc Fortin.

 

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